Aide au mariage de 5.000 DH: ce que l’on sait

Photo d’illustration d’un mariage marocain.

Une aide de 5.000 DH pour se marier: de quoi faciliter la vie des futurs époux? Prévue dans le programme gouvernemental, la mesure divise sur les réseaux sociaux, où son montant et ses modalités d’octroi suscitent de nombreuses interrogations. Le débat intervient alors que les derniers chiffres du HCP font état, pour 2025, d’une reprise des mariages au Maroc, accompagnée d’une hausse plus rapide des divorces.

Le 23/10/2026 à 08h15

L’information a fait le tour de la Toile. Sur les réseaux sociaux, les internautes s’interrogent sur la véracité de l’annonce, mais aussi sur les modalités concrètes de cette mesure. Une aide financière pouvant atteindre 5.000 dirhams est bien inscrite dans le programme gouvernemental présenté le 19 octobre au Parlement.

Dans le chapitre III, intitulé «Défense de l’identité nationale, consolidation de l’esprit de citoyenneté, de la cohésion de la société marocaine et de sa prospérité», sous le premier axe consacré à «la famille, l’identité et le système de valeurs», le document prévoit explicitement de «[…] encourager les jeunes qui souhaitent se marier en leur accordant un soutien financier pouvant atteindre 5.000 dirhams».

Cette mesure s’inscrit dans le prolongement de «l’engagement du gouvernement à activer et à suivre les réformes du Code de la famille (Moudawana), tout en publiant un rapport annuel sur son application».

L’aide annoncée figure donc bien dans le programme gouvernemental. Reste à savoir comment elle sera mise en œuvre. Contrairement au soutien social direct, présenté dans le document comme une série de transferts financiers réguliers et mensuels, l’aide au mariage est formulée comme un dispositif d’encouragement financier dont les modalités ne sont pas encore détaillées.

Le document officiel de la Primature consigne cet engagement en faveur des jeunes souhaitant se marier, sans toutefois préciser les critères d’éligibilité, les conditions de ressources éventuelles, la procédure de demande ou encore les modalités de versement.

Les études relatives à la mise en place du dispositif devraient débuter en 2027, pour une entrée en application à partir de la deuxième année de la législature actuelle. Le département de Najwa Koukouss, ministre de la Famille, du Développement social et de l’Égalité, serait appelé à en assurer la mise en œuvre.

«La Loi de finances étant déjà établie par le précédent gouvernement, il faudrait, en principe, attendre la deuxième année du mandat de l’actuel gouvernement pour avoir davantage de détails sur le dispositif destiné à mettre en application cette mesure», souligne une source ayant requis l’anonymat.

Autre question soulevée par les internautes: cette aide sera-t-elle ponctuelle, versée une seule fois, ou régulière? «Si c’est mensuel, je me marie. Pourquoi pas?», ironise un internaute.

Sur les réseaux sociaux, l’annonce suscite aussi le scepticisme. Plusieurs internautes estiment le montant insuffisant pour couvrir les frais du mariage et de l’installation d’un couple. «Que peuvent faire 5.000 dirhams pour un couple, alors que cette somme ne suffit même pas à préparer le mariage?», s’interroge l’un d’eux, évoquant également le chômage et la hausse des prix.

D’autres tournent la mesure en dérision à travers des plaisanteries sur le mariage et les voyages. Au-delà de l’ironie, les réactions mettent en évidence les préoccupations liées au logement, à l’emploi et au coût de la vie, autant d’obstacles auxquels se heurtent les jeunes souhaitant fonder une famille. Certains internautes s’interrogent aussi sur la portée concrète de cette promesse et sur sa mise en œuvre effective.

Au-delà des interrogations suscitées par les modalités de cette aide, les dernières statistiques du Haut-commissariat au plan (HCP) apportent un éclairage intéressant sur l’évolution des unions au Maroc. Après avoir reculé en 2024, le nombre de mariages est reparti à la hausse en 2025. Une évolution qui intervient alors même que les actes de divorce enregistrent une progression encore plus marquée.

Selon les derniers chiffres du HCP, 258.097 mariages ont été enregistrés en 2025, contre 239.277 en 2024, soit une hausse de 7,8%. Dans le même temps, les actes de divorce établis sont passés de 26.208 à 29.986, en progression de 14,4%.

Si ces données ne permettent pas, à elles seules, d’établir un lien entre les deux évolutions, elles posent une question de fond: au-delà de l’encouragement financier au mariage, quels leviers peuvent contribuer à consolider les unions et à accompagner durablement les jeunes couples?

Par Qods Chabâa
Le 23/10/2026 à 08h15