À quelques jours de l’Aïd al-Adha, les habitants de Laâyoune se livrent à une véritable course contre la montre pour l’achat du mouton du sacrifice. C’est particulièrement le cas dans les marchés pilotes, renforcés cette année par des espaces temporaires supplémentaires aménagés pour l’exposition des ovins, des caprins et des camelins. L’offre y est diversifiée, allant des races acheminées du centre et du nord du pays jusqu’au célèbre «mouton du Sahara», provenant des différentes zones des provinces du Sud, et notamment des environs de Laâyoune.
Au marché «Al Hizam», éleveurs et commerçants exposent une grande variété de moutons et de chèvres sahariens. «Au regard de son élevage en milieu naturel ouvert et des caractéristiques uniques qui le distingue des autres races, Le mouton du Sahara fait la fierté de la région», témoigne Sidi Brahim Erreguibi pour Le360.
Notre interlocuteur explique que l’un des signes distinctifs les plus évidents de ce mouton est la couleur sombre de ses dents. Cela le différencie du «mouton d’engraissement» provenant de certaines provinces du centre et du nord, dont la denture est généralement blanche. Il ajoute que ce type d’alimentation basé sur le pastoralisme libre dans les grands espaces du Sahara se reflète directement sur la qualité supérieure et le goût unique de sa viande.
«Le mouton du Sahara se caractérise par une faible teneur en graisse. Une spécificité due à son développement au grand air et à un régime exclusivement naturel, loin de tout engraissement intensif aux aliments composés», ajoute Sidi Brahim Erreguibi. Il précise également que cette race est réputée pour sa vivacité et la robustesse de ses pattes, des qualités forgées par son adaptation à l’environnement désertique.
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«Physiquement, cette race se distingue aussi par une laine moins dense, une tête plus fine et des cornes plus courtes que d’autres sédentaires», déclare dans le même sillage Abdelrhabou Boghanbour, un autre marchand de bétail.
Selon les professionnels du secteur, cet intérêt grandissant s’explique également par le développement de l’activité pastorale dans les provinces du Sud. Ce dynamisme est soutenu par la multiplication des forages de puits, qui rapprochent les points d’eau des éleveurs, ainsi que par les programmes d’appui étatiques visant à valoriser le produit local et à consolider sa place sur les marchés nationaux.




