Un second policier impliqué dans l’interpellation d’Abderrahim Fakir a lui aussi filmé une vidéo, distincte de celle de la caméra-piéton déjà connue. Jusqu’à présent, seul le film de la caméra-piéton activée par le policier de 28 ans, peu avant d’approcher physiquement Fakir, avait été évoqué. Cet appareil était resté allumé une vingtaine de minutes après la fin de l’interpellation, alors que le quadragénaire gisait face contre l’asphalte, couvert de sang et sans vie.
L’agent de 23 ans a ainsi été convoqué vendredi par les enquêteurs pour remettre son téléphone et en particulier une vidéo de 28 secondes, filmée environ une demi-heure avant la manœuvre de contention. Les métadonnées de cette vidéo doivent désormais être extraites. Ces informations techniques, invisibles à l’écran, permettent de retracer la provenance du fichier, sa résolution, la date et l’heure exactes de l’enregistrement, ainsi que le modèle de l’appareil utilisé.
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Le parquet avait déjà rassemblé, au cours des semaines précédentes, une vingtaine de vidéos, entre témoignages filmés par des riverains, séquences de caméra-piéton et autres contenus. L’ensemble a été assemblé, avec la reconstitution en 3D réalisée par le RIS de Parme, en un montage retraçant les derniers instants de la vie de Fakir sous différents angles.
L’enquête, menée par le procureur en chef Paolo Guido, aux côtés de la procureure adjointe Morena Plazzi et de la substitut Francesca Arienti, a désormais atteint son mi-parcours. Le délai imparti pour ces vérifications, menées selon le modèle «45 bis» et qui ne prévoit à ce stade aucune personne formellement mise en examen, est de 120 jours à compter du 20 juillet.
Les investigations portent à la fois sur le rôle qu’a pu jouer la manœuvre de contention dans la mort de Fakir et sur l’ensemble de la procédure de secours, notamment l’envoi tardif de personnel médical sur les lieux. Le rapport définitif de l’autopsie, réalisée le 24 juillet, doit quant à lui être déposé dans un délai de 90 jours.
Abderrahim Fakir, un Marocain de 42 ans arrivé en Italie à l’âge de cinq ans, est mort le 19 juillet après avoir été plaqué au sol par deux policiers lors de son interpellation à Bologne. Les premiers résultats de l’autopsie avaient fait état de poumons pleins de sang et de vastes zones d’infiltration hémorragique par compression au dos, un tableau que l’avocat Fabio Anselmo avait qualifié d’«asphyxie mécanique violente par compression dorsale».
L’analyse du téléphone de la victime a, depuis, livré de premiers éléments à la brigade criminelle de Bologne, tandis que les analyses complémentaires à l’autopsie sont en train d’être menées. Soixante-deux jours après le drame, la dépouille du défunt reste toujours retenue en Italie, tandis que sa famille réclame son rapatriement.


















