C’est un rituel qui revient chaque printemps. Dès que les températures se radoucissent, les jeunes et les femmes de Chefchaouen, dans la médina comme dans les quartiers plus récents, sortent les pinceaux. Le nom de cette tradition? Les «Awachers». Le principe: repeindre en bleu ruelles et façades, pour offrir à la ville un grand coup de frais collectif.
Et ce n’est pas seulement pour faire joli. Cette initiative est au cœur de l’ADN de Chefchaouen. C’est elle qui propulse régulièrement la ville bleue à la une des magazines du monde entier et qui inonde Instagram et TikTok. Résultat: depuis des années, elle figure parmi les destinations touristiques les plus prisées au monde.
Le timing n’est pas choisi au hasard. Les «Awachers» arrivent juste après les pluies du printemps, quand la ville et les montagnes environnantes se couvrent de vert. L’ambiance est alors idéale. Ce rendez-vous annuel est devenu un véritable patrimoine immatériel local. Il témoigne de l’entraide et de l’esprit de bénévolat qui animent les habitants des quartiers.
Chaque année, tout le monde s’y met pour redonner leur éclat aux ruelles, que ce soit dans la médina entourée de ses remparts historiques ou dans certains quartiers plus modernes.
Lire aussi : Chefchaouen attire les touristes après les dernières pluies
Le secret de ce bleu? La nila et la chaux. À Chefchaouen, ce sont surtout les femmes qui perpétuent cette technique. Elles mélangent ces deux ingrédients pour repeindre façades et ruelles de ce bleu ciel si reconnaissable. On appelle aussi cette opération le «Tajyir».
Bien plus qu’un simple chantier de peinture, c’est une véritable fête collective. Chacun participe à l’entretien des bâtiments et des ruelles. Un rituel joyeux pour préparer la ville à accueillir les visiteurs, marocains comme étrangers, sous son plus beau jour.



