Le visa Schengen pourrait-il bientôt coûter plus cher aux Marocains? La question se pose alors que la Commission européenne prépare une révision du Code des visas de court séjour. Parmi les pistes examinées figure la création de frais européens supplémentaires qui viendraient s’ajouter aux droits de visa existants.
Pour le Maroc, le sujet concerne un volume important de voyageurs. Près de 620.000 demandes de visas Schengen ont été enregistrées en 2025, selon les statistiques de la Commission européenne. Le Royaume figure ainsi parmi les cinq premiers pays demandeurs au monde, aux côtés notamment de la Chine, de la Turquie, de l’Inde et de la Russie.
Toute évolution des tarifs ou des procédures pourrait donc toucher directement touristes, étudiants, professionnels, hommes d’affaires et familles marocaines.
La principale piste financière porte sur la création d’une contribution européenne distincte des droits de visa actuels. La Commission étudie cette possibilité avec les États membres, dans le cadre de la préparation de la réforme.
Le montant et les modalités d’une telle contribution ne sont pas encore définis. Surtout, elle ne serait pas spécifique au Maroc: si elle était adoptée, elle concernerait les ressortissants soumis à l’obligation de visa Schengen.
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Le coût actuel reste fixé à 90 euros pour les adultes et 45 euros pour les enfants âgés de 6 à moins de 12 ans. Ces tarifs sont en vigueur depuis le relèvement décidé en juin 2024, lorsque le droit de visa pour les adultes était passé de 80 à 90 euros.
Pour une famille, une hausse des frais de demande augmenterait mécaniquement le coût d’un déplacement vers l’Europe, auquel peuvent déjà s’ajouter les dépenses liées au dépôt du dossier, à l’assurance voyage et au transport.
Le Maroc particulièrement exposé par le volume des demandes
L’importance du sujet tient surtout au nombre de demandes déposées depuis le Royaume. Les pays de l’espace Schengen ont reçu plus de 12 millions de demandes de visas de court séjour en 2025.
Avec environ 620.000 demandes, le Maroc se situe donc parmi les principaux marchés de la politique européenne des visas. Ce volume reflète l’intensité des mobilités avec l’Europe, qu’elles soient touristiques, professionnelles, universitaires ou familiales.
Une évolution générale du système aurait ainsi un impact significatif sur les voyageurs marocains, sans que le Royaume bénéficie ou fasse l’objet, à ce stade, d’un régime particulier.
La révision du Code des visas ne porte pas uniquement sur les frais. La Commission européenne envisage également de faciliter certaines démarches pour des voyageurs considérés comme fiables, notamment dans le cadre des déplacements professionnels.
Parmi les pistes figurent des procédures simplifiées pour les salariés d’entreprises jugées fiables, avec notamment des possibilités de traitement accéléré, de rendez-vous prioritaires ou de réduction de certaines pièces justificatives.
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Ces évolutions pourraient intéresser les entreprises marocaines dont les activités impliquent des déplacements réguliers vers l’Europe, notamment dans les secteurs fortement intégrés aux chaînes de valeur européennes.
Le projet prévoit également de nouveaux instruments permettant, dans certaines circonstances, de suspendre ou de restreindre certaines catégories de visas. Bruxelles envisage notamment leur utilisation face à des situations politiques, sécuritaires ou migratoires particulières.
Le document de la Commission ne cite pas le Maroc à ce titre. Ce volet relève d’un mécanisme général destiné à donner à l’Union européenne davantage de souplesse dans la gestion de sa politique des visas.
Vers un visa davantage numérisé
La réforme s’inscrit parallèlement dans la transformation numérique du système européen des visas. L’Union européenne travaille à la dématérialisation progressive des procédures, avec l’objectif de simplifier les démarches et de renforcer l’interconnexion des systèmes informatiques.
La stratégie européenne prévoit également des possibilités de visas à entrées multiples de plus longue durée pour certains voyageurs considérés comme fiables.
Pour les demandeurs marocains, l’évolution pourrait donc combiner plusieurs dimensions : le coût des démarches, leur simplification pour certains profils et la numérisation progressive du processus.
Le calendrier reste la prochaine étape déterminante. La Commission européenne prévoit de présenter sa proposition législative entre janvier et mars 2027. Le texte devra ensuite être discuté avec les États membres et le Parlement européen.
Les tarifs actuellement en vigueur restent donc inchangés. Pour les Marocains, l’enjeu est celui d’une possible évolution d’un dispositif qui concerne déjà plusieurs centaines de milliers de demandeurs chaque année.
Avec près de 620.000 demandes en 2025, le Royaume figure parmi les pays qui seraient fortement concernés par toute modification générale du système européen des visas, au même titre que les autres grands pays demandeurs.




