Les services de la police judiciaire de Tamesna ont interpellé, la semaine dernière, un couple ainsi qu’un intermédiaire, tous soupçonnés d’être les artisans d’une vaste manœuvre frauduleuse liée à l’obtention de visas de complaisance pour le pèlerinage à La Mecque. Le trio est accusé d’avoir abusé de la crédulité de 80 aspirants au Hajj en leur soutirant des sommes comprises entre 50.000 et 60.000 dirhams par personne, soit un préjudice total avoisinant les 10 millions de dirhams, sous le prétexte fallacieux de recourir à l’entremise d’une haute personnalité saoudienne.
«Le mari et sa femme, rapidement dépassés par les événements, se sont retrouvés dans une situation des plus délicates lorsque les victimes, après avoir versé les fonds, ont exigé des explications, rapporte Assabah dans son édition du jeudi 25 juin. Le couple prétendait avoir reversé l’essentiel des sommes perçues à l’intermédiaire, lequel aurait lui-même effectué le pèlerinage aux frais de la supposée personnalité saoudienne. Toutefois, l’enquête a révélé que ce dernier avait habilement fait croire au couple que ce haut dignitaire était en mesure d’obtenir des visas pour les fidèles désireux d’accomplir les rites sacrés.
Fort de cette supercherie, le tandem a diffusé l’information dans plusieurs communes urbaines et rurales, notamment à Témara, Skhirat, Sidi Yahia Zaer et Tamesna, attirant ainsi un grand nombre de candidats séduits par la promesse d’un Hajj facilité. Lorsque la supercherie a été découverte, les victimes ont naturellement réclamé la restitution de leurs fonds. Mais le couple, pour se dédouaner, a soutenu qu’il avait lui-même été dupé par l’intermédiaire. Les investigations ont cependant établi que les trois suspects s’étaient, en réalité, partagé les montants perçus.
Déférés devant le procureur du Roi près le tribunal de première instance de Témara, les mis en cause ont été inculpés pour escroquerie et complicité par participation, puis placés en détention préventive à la prison d’Al Arjat. Leur comparution, initialement prévue devant le juge, a été renvoyée à lundi prochain en raison d’un mouvement de grève des avocats et d’une demande de délai formulée par les prévenus.
«Auparavant, plusieurs plaignants et victimes avaient été entendus par les enquêteurs», écrit Assabah. Leurs dépositions ont permis de reconstituer avec précision le mode opératoire: convaincus de l’existence de liens supposés entre le couple, l’intermédiaire et une personnalité saoudienne, ils avaient pris contact avec les suspects et versé des acomptes allant de 50.000 à 60.000 dirhams, avant de découvrir, à la fin du mois d’avril, qu’ils avaient été cruellement bernés.




