Terrorisme: coordination entre le Maroc et l’Espagne pour traquer des extrémistes à Sebta

Le point de passage de Tarajal, menant au préside de Sebta.

Revue de presseLes services de renseignement espagnols, en coordination avec leurs homologues marocains, ont conclu que des groupes radicaux ont pu exploiter la migration collective pour s’infiltrer à Sebta afin d’y constituer des cellules et d’y préparer des attentats. Un rapport de l’analyste en terrorisme José María Gil Garre révèle que pas moins de douze djihadistes se sont infiltrés lors de l’exode massif des 30 et 31 juillet, formant deux groupes indépendants. Cette affaire confirme la corrélation entre une pression migratoire et un risque terroriste. Cet article est une revue de presse tirée d’Al Ahdath Al Maghribia.

Le 21/10/2026 à 19h25

Les investigations menées par les services de renseignement espagnols, en coordination avec leurs homologues marocains, ont conclu à la possibilité, pour certains groupes radicaux, d’exploiter l’assaut migratoire à Sebta des 30 et 31 juillet derniers. Objectif: créer des cellules terroristes qui leur permettraient de commettre des attentats et d’exécuter des plans visant à inciter à la violence et à la haine, notamment après que l’étau s’est resserré sur eux du fait de la pression qui leur a été faite par les autorités marocaines.

Les autorités espagnoles craignent que ces actes de violence n’atteignent des éléments de la police et de l’armée, d’autant que certains de ces radicaux avaient auparavant commis des tentatives d’agression, relaie Al Ahdath Al Maghribia de ce jeudi 22 octobre. Des sources informées dans le préside indiquent que pas moins de douze djihadistes se sont infiltrés au cours de l’assaut collectif de juillet et qu’ils se sont constitués en deux groupes indépendants l’un de l’autre. L’un d’entre eux était chargé de mener une attaque terroriste dans un espace public.

C’est également la conclusion du dernier rapport de l’analyste espagnol en terrorisme José María Gil Garre, un document préparé à partir de l’analyse de documents officiels, de réseaux sociaux et de témoignages, ainsi que d’autres sources de renseignement. Selon les conclusions de ce rapport, l’identité des douze extrémistes a pu être établie grâce aux efforts de la police espagnole, en coopération avec les autorités marocaines.

De fait, des sources espagnoles confirment que Rabat coopère avec constance dans les affaires de lutte contre le terrorisme. Il est établi qu’au moins trois d’entre les individus qui ont été arrêtés ont combattu en Syrie et en Irak et que quatre d’entre eux ont été arrêtés et expulsés, y compris deux frères qui avaient été condamnés par le tribunal national et expulsés en 2018.

Selon les données collectées dans ce rapport, les groupes djihadistes infiltrés ont conservé leurs contacts avec des éléments dans la région de Fnideq et de Tétouan, qui font l’objet d’une enquête diligentée par les autorités marocaines. Il semble que ceux qui se sont infiltrés à Sebta ont profité de l’assaut des 30 et 31 juillet pour échapper à la surveillance de la police et à la vigilance des services de sécurité, qui dressent un rempart infranchissable contre les activités des réseaux terroristes et leurs tentatives de recrutement de nouveaux éléments, écrit Al Ahdath Al Maghribia.

L’infiltration semble avoir été «opportuniste», selon l’expression de l’analyste espagnol, c’est-à-dire que les éléments radicaux ont exploité ce mouvement de masse pour entrer à Sebta. Cette affaire confirme la «corrélation entre la pression migratoire et le risque terroriste», selon le rapport de Gil Garre. Une corrélation qui a été révélée à plusieurs reprises par Al Ahdath Al Maghribia dans de précédentes enquêtes et des reportages sur les liens entre les réseaux d’immigration illégale, le trafic de drogue et le terrorisme, parfois aussi avec des réseaux de contrebande et de blanchiment d’argent, tout particulièrement dans les présides au nord du Maroc.

Par Hassan Benadad
Le 21/10/2026 à 19h25