Les saisies de véhicules appartenant à des particuliers et à des entreprises de location de voitures pour non-paiement des mensualités bancaires se multiplient en ce moment. Plusieurs propriétaires ont été surpris de voir leur véhicule saisis, en toute illégalité, par des organismes prétendant opérer pour le compte de sociétés de recouvrement de créances.
Vraisemblablement cédés à leur insu lors d’enchères publiques, à des prix dérisoires, ces biens sont liquidés alors même que les victimes affirment leur pleine disposition à régler leur différend avec la banque et à s’acquitter des traites restées en suspens, indique Assabah de ce jeudi 22 octobre.
Cette affaire est à l’origine des protestations de particuliers, qui ont exprimé leur exaspération devant une banque d’allocation de crédits bancaires, à Casablanca. Les protestataires ont découvert que leur véhicule avait disparu dans des conditions mystérieuses et, lorsqu’ils ont tenté de le retrouver, il leur a été notifié qu’il avait été cédé lors d’une vente aux enchères, dans un laps de temps très court, au mépris des délais prévus par les dispositions de la législation, avant toute opération de vente publique. Plus grave encore: le prix dérisoire auquel ces automobiles sont cédées, très éloigné de leur valeur réelle sur le marché. Un particulier qui s’est retrouvé privé de moyen de transport par cette méthode a indiqué à Assabah que son véhicule tout-terrain, qu’il avait récemment acquis, avait été adjugé pour moins de 30.000 dirhams, alors que sa valeur réelle était de 300.000 dirhams.
Encore plus absurde, les particuliers victimes de ces ventes aux enchères sauvages se sont retrouvés, de plus, contraints de continuer à s’acquitter du reliquat de la dette qu’ils avaient contractée auprès de l’établissement de crédit, sous peine de poursuites judiciaires, affirme Assabah. Prétexte invoqué par cette banque: le prix dérisoire obtenu lors des enchères ne couvre pas l’intégralité de la dette, ce que les particuliers lésés considèrent comme étant une fraude et une escroquerie caractérisées.
Plusieurs d’entre eux ont donc saisi urgemment le Ministère Public, en lui adressant des plaintes formelles, tout en faisant valoir que si les véhicules saisis ont été vendus dans le strict respect des règles légales, la totalité de la dette aurait dû être apurée. Certains particuliers lésés de cette manière auraient même pu récupérer une partie significative de la valeur de leur bien, puisqu’ils avaient déjà remboursé de nombreuses mensualités, dépassant la moitié de son prix initial, avant de se retrouver confrontés à des difficultés de paiement.
À l’origine de ce qui semble être une flagrante escroquerie, les particuliers lésés désignent des groupes opaques, qualifiées de véritable mafia, qu’ils accusent d’exploiter des détresses humaines et des litiges qui peuvent opposer des particuliers à des organismes de crédit pour empocher de l’argent en toute illégalité. Des intervenants prétendant agir pour le recouvrement de créances auraient ainsi traqué des véhicules de ces particuliers lésés avec des dispositifs GPS. Ils auraient aussi illégalement accédé à des données personnelles concernant les emprunteurs auprès des sociétés de crédit contractantes. Agissant au mépris des lois en vigueur et de la justice, ces individus n’hésitent pas à s’emparer des véhicules et à les remorquer vers des entrepôts situés dans les environs de Casablanca, en l’absence de leur propriétaire, qui n’est pas préalablement averti.
Plus encore, des complices sont impliqués dans l’accélération de la vente de ces automobiles dans des opérations d’enchères publiques, sans le moindre respect des procédures légales réglementaires, indique Assabah. Parmi ces exigences des dispositions prévues par la législation, figure l’octroi d’un délai légal et raisonnable délivré aux propriétaires et pouvant aller jusqu’à trois mois, afin de leur laisser la possibilité de régulariser leur situation auprès de l’établissement bancaire auprès duquel ils sont débiteurs, et de garder leur bien. En lieu et place, ces individus s’empressent de vendre leur véhicule dans des délais très courts et à des prix anormalement bas, ce qui révèle des complicités manifestes avec les courtiers en charge des opérations de mise aux enchères publiques qui, visiblement, se retrouvent à être corrompus pour se livrer à ces abus.




