Mondial 2030: la métamorphose technologique du Grand Stade de Fès

Stade de Fès, peut accueillir dans les 45.000 personnes

Le stade de Fès . DR

Revue de presseAprès l’attribution du chantier de gros œuvre à la SGTM, le Grand Stade de Fès franchit une nouvelle étape décisive avec la mobilisation de 1,52 milliard de dirhams pour finaliser ses réseaux techniques. Entre souveraineté énergétique, cybersécurité de pointe, surveillance par drone et équipements de récupération pour les athlètes, l’enceinte sportive se transforme en un complexe ultramoderne prêt à répondre aux exigences de la Coupe du monde 2030. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Les Inspirations Eco.

Le 21/10/2026 à 21h12

Longtemps associé aux lenteurs de sa construction initiale et aux standards désormais révolus des pistes d’athlétisme, le Grand Stade de Fès connaît une métamorphose profonde pour entrer pleinement dans l’ère moderne. Dans la perspective de la Coupe du monde 2030, l’enjeu stratégique consiste à transformer une enceinte sportive conçue dans les années 2000 en un organisme technique autonome, capable d’absorber des flux massifs de données et d’assurer sa propre continuité énergétique en toute indépendance.

«Dans le sillage d’un premier marché de modernisation structurelle attribué à la SGTM pour 2,82 milliards de dirhams, le lancement de deux projets complémentaires vient parachever cette refonte globale grâce à une enveloppe supplémentaire de 1,52 milliard de dirhams, indique le quotidien Les Inspirations Eco du 21 octobre.

Ce second volet d’investissements se divise en deux axes majeurs pour finaliser les réseaux techniques et les infrastructures critiques du complexe. Un premier lot de 1,29 milliard de dirhams, dont la réalisation s’étale sur dix-huit mois, est dédié aux courants forts et faibles afin de doter le site d’équipements numériques de pointe et d’une alimentation électrique secourue.

Parallèlement, le traitement des fluides, la climatisation et la sécurité incendie mobilisent 228 millions de dirhams sur quinze mois. Au-delà des prouesses d’ingénierie, le cahier des charges impose un fort ancrage territorial en réservant au moins 20% des recrutements aux compétences locales et en accordant une préférence stricte aux produits industriels nationaux.

Au cœur du dispositif, un véritable cerveau numérique s’organise sous la structure des gradins pour gérer la concentration massive des données contemporaines. Le réseau déploie la norme Wi-Fi 7 afin de connecter simultanément près d’un tiers des spectateurs, avec une densité allant d’un point d’accès pour cinquante personnes dans les loges officielles à une borne pour cent usagers dans les tribunes.

Pour traiter cette masse d’informations sans dépendre de liaisons distantes, deux centres de calcul de niveau Tier III séparent les opérations permanentes du stade de celles des organisateurs de tournois, le tout étant irrigué par un réseau interne en fibre optique offrant une bande passante impressionnante de 25 térabits par seconde. «La sécurité informatique repose, quant à elle, sur une architecture Zero Trust et un poste de commandement unifié supervisant plus de 100.000 points techniques», écrit Les Inspirations Eco.

La sécurité physique et le contrôle des flux atteignent également un niveau de précision inédit grâce à un maillage exhaustif de 1.300 caméras permettant de conserver deux mois d’enregistrements vidéo. Les tribunes sont couvertes par des optiques de 26 mégapixels couplées à la reconnaissance faciale, tandis que les dispositifs installés aux accès des véhicules lisent automatiquement les plaques d’immatriculation. Dans les airs, un drone autonome doté de capteurs thermiques et d’un télémètre laser surveille les abords dans un rayon de 15 kilomètres.

Au sol, les spectateurs franchissent des tourniquets ultrarésistants, parfaitement adaptés aux billets numériques sur smartphone, et des portiques de détection à 60 zones d’analyse, tandis que quatre écrans géants et un bandeau lumineux continu animent les gradins.

Sur le plan environnemental et climatique, les installations invisibles régulent l’atmosphère intérieure à l’aide de pompes à chaleur réversibles et de centrales d’air à double flux équipées de récupérateurs d’énergie. Le système hydraulique garantit une gestion rigoureuse de l’eau potable et de l’irrigation grâce à des surpresseurs électroniques et à des dispositifs de filtration avancés.

Le réseau d’évacuation sépare strictement les eaux usées des eaux pluviales grâce à des postes de relevage, à des séparateurs d’hydrocarbures pour les parkings et à des bacs dégraisseurs pour les cuisines. La protection contre les incendies s’appuie sur un réseau d’extinction automatique sous pression et sur des extracteurs de fumée capables de résister à des températures de 400 degrés pendant deux heures.

La conception numérique de l’ensemble garantit une parfaite synthèse technique entre les corps de métier et s’inscrit dans une démarche globale de haute performance écologique. Le complexe vise une double certification environnementale internationale en intégrant des moteurs à haute efficacité énergétique et des fluides frigorigènes respectueux de l’atmosphère.

Dans le secret des espaces réservés aux équipes, l’accent est mis sur la préparation et la récupération des sportifs de haut niveau, avec l’aménagement de bassins de cryothérapie collective pouvant accueillir jusqu’à huit athlètes simultanément, concrétisant ainsi la mise aux normes du stade fassi pour l’aligner sur les plus grandes arènes mondiales.

Par La Rédaction
Le 21/10/2026 à 21h12