Le juge d’instruction près la cour d’appel de Tanger a ordonné le placement en détention provisoire du maire de la ville, Mounir Laymouri, ainsi que de deux autres individus, à la suite de graves accusations liées à des soupçons de manipulation des opérations électorales et de tentative de modification de leur issue. Cette décision judiciaire intervient après l’expiration de la garde à vue et la présentation des mis en cause devant le parquet général, qui a requis l’ouverture d’une information judiciaire pour des faits de falsification, de corruption par promesse de dons et de manipulation de documents officiels, en application des dispositions du Code électoral et du Code pénal, indique le quotidien Al Akhbar dans son édition du weekend du 3 et 4 octobre.
L’arrestation du maire Mounir Laymouri a eu lieu à l’aéroport de Tanger à son arrivée d’Espagne, en exécution d’un mandat de recherche national émis à son encontre dans le cadre d’une enquête sur des irrégularités constatées lors des élections législatives du 23 septembre dernier dans la circonscription de Tanger-Assilah.
L’enquête menée par les autorités compétentes a mis en lumière l’implication de Mounir Laymouri dans un stratagème sophistiqué visant à falsifier des documents électoraux en dehors des bureaux de vote officiels. Les investigations préliminaires ont révélé que le maire Mounir Laymouri se trouvait dans un établissement hôtelier en compagnie d’autres personnes, où des sacs contenant des bulletins de vote ont été transportées dans le but d’y apposer des marques sur le symbole d’un parti politique spécifique. Les enregistrements des caméras de surveillance de l’hôtel ont joué un rôle déterminant en confirmant la présence de Mounir Laymouri et de ses complices, les montrant en train de manipuler activement ces documents électoraux compromettants.
Le dossier s’est alourdi avec l’exploitation des expertises techniques et des données téléphoniques ordonnées par le parquet général, qui ont permis d’élargir le cercle des investigations et de procéder à de nouvelles interpellations. L’analyse des communications et des mouvements des suspects a mis en cause un comptable ainsi que le directeur de l’hôtel, ce dernier ayant été initialement mis hors de cause avant que les indices matériels ne démontrent son implication présumée dans la dissimulation et la manipulation des documents. Les perquisitions menées dans le cadre de cette affaire ont permis de saisir des preuves matérielles accablantes, confirmant l’existence d’une machination concertée visant à fausser les résultats du scrutin, lit-on dans Al Akhbar.
Face aux éléments recueillis par la police judiciaire, le parquet général a transmis le dossier au juge d’instruction en formulant des demandes expresses de mise en détention préventive pour l’ensemble des prévenus. L’implication présumée de Mounir Laymouri constitue une atteinte grave à la probité des institutions et au déroulement transparent des consultations démocratiques dans la région. Les investigations se poursuivent désormais sous la supervision du juge d’instruction.
Cette affaire a provoqué une onde de choc au sein du paysage politique local à Tanger, l’implication d’une figure de premier plan comme le maire Mounir Laymouri plaçant la moralisation de la vie publique au cœur de l’actualité judiciaire. La rigueur affichée par la justice marocaine dans le traitement de ce dossier témoigne de la volonté des institutions de réprimer fermement toute tentative de subversion des choix citoyens et de manipulation des suffrages. Les prochains développements de l’instruction devront préciser l’ampleur exacte de ce réseau et identifier d’éventuelles complicités supplémentaires qui auraient facilité ces agissements illégaux lors des échéances électorales.
Alors que l’instruction judiciaire suit son cours, le maire Mounir Laymouri et ses codétenus restent présumés innocents jusqu’à ce qu’une décision définitive soit prononcée par les juridictions compétentes. L’affaire de Tanger demeure l’un des dossiers politico-judiciaires les plus suivis du moment, illustrant la vigilance accrue des autorités face aux infractions électorales et aux atteintes à la sincérité des scrutins.




