Sahara, relations Maroc-USA, CCIM… Les confidences de Jason Isaacson de l’American Jewish Committee

Jason Isaacson, responsable des affaires politiques et des relations publiques de l'AJC.. 2023 Anadolu Agency

Considéré par l’American Jewish Committee comme un exemple d’entente interconvictionnelle à dupliquer dans le monde, le Maroc continue d’inspirer au-delà de ses frontières. De passage à Casablanca, Jason Isaacson, responsable des affaires politiques et des relations publiques de l’organisation, revient pour Le360 sur les piliers d’une coopération séculaire et les valeurs de coexistence portées par le Royaume.

Le 31/10/2026 à 19h30

Ils étaient nombreux de l’American Jewish Committee à assister, mardi 27 octobre à Casablanca, à un dîner organisé par Serge Berdugo, secrétaire général du Conseil des communautés israélites du Maroc (CCIM). Parmi eux, Jason Isaacson, responsable des affaires politiques et des relations publiques de l’organisation, n’a pas manqué de rappeler l’accueil chaleureux réservé à la délégation.

Membre de l’AJC depuis 1991, il vient au Maroc une à deux fois par an. Il explique ces visites par la relation entre le Royaume et les États-Unis, par le lien avec le peuple juif et par les valeurs du Maroc. Il cite aussi «le modèle marocain», que l’organisation dit vouloir reproduire dans d’autres pays.

Sur le Sahara, l’AJC affirme depuis des années son soutien à la souveraineté marocaine. «Nous le soulignons toujours lors des réunions que nous avons ici et à l’échelle mondiale», déclare Jason Isaacson. L’organisation compte 15 bureaux à l’étranger et 25 aux États-Unis. Elle se dit très active sur le plan politique et international, auprès des communautés juives comme des gouvernements.

Interrogé sur le poids de la relation historique entre les deux pays, il répond que «Washington et Rabat en sont à leur 250e année de relations», ce qui en fait, selon lui, «la plus ancienne relation que les États-Unis entretiennent avec un pays au monde». Il présente le Maroc comme un lien entre les États-Unis et l’Afrique, et entre le peuple juif et le monde arabe. Il souligne également que «le roi Mohammed VI, descendant du Prophète, occupe une place particulière dans le monde musulman».

Le responsable inscrit aussi cette relation dans le rapprochement entre le Maroc et Israël. Il cite une rencontre tenue le mois dernier à New York entre le ministre Nasser Bourita et le ministre israélien des Affaires étrangères, actant la transformation de leurs missions diplomatiques en ambassades. Selon lui, il s’agit d’une «évolution naturelle, qui prolonge des relations anciennes, bien antérieures à l’accord tripartite signé en 2020».

L’AJC entretient une relation de longue date avec Serge Berdugo et la communauté juive du Maroc. Les deux parties ont conclu un accord d’entraide et de travail commun sur des objectifs partagés. L’organisation échange aussi régulièrement avec les ambassadeurs et consuls généraux américains présents dans le pays.

Rappelant le partenariat avec l’association Mimouna, il dit que les deux structures ont voyagé ensemble aux États-Unis, au Maroc et en Israël, et ont organisé plusieurs conférences en Afrique. Jason Isaacson y voit l’incarnation de «valeurs si précieuses» aujourd’hui, notamment l’entente entre convictions différentes et la coopération.

Par Hajar Kharroubi
Le 31/10/2026 à 19h30