Le régime de travail des agents de sécurité privée, appelé à passer de 12 à 8 heures, ainsi que la formation professionnelle ont dominé, ce lundi, le passage du ministre de l’Inclusion économique, de la Petite entreprise, de l’Emploi et des Compétences, Younes Sekkouri, devant la Chambre des représentants.
Intervenant lors de la séance des questions orales, Younes Sekkouri a affirmé que la Chambre des conseillers s’apprête à adopter un amendement du Code du travail mettant fin à l’ancien régime de 12 heures. Le texte sera ensuite transmis à la Chambre des représentants pour adoption finale.
Selon le ministre, cette réforme vise notamment à sortir ces contrats de l’ancien classement appliqué aux intermittents. Il a également insisté sur la nécessité de revoir et de respecter l’ensemble des contrats, soulignant qu’il ne doit plus y avoir de régime de travail fondé sur des vacations de 12 heures.
S’agissant des contrats déjà en cours, Younes Sekkouri a indiqué qu’une période transitoire sera prévue. «Nous allons accorder une période de transition qui ne sera pas très longue, afin que les appels d’offres puissent être refaits, car leur coût va augmenter», a-t-il déclaré. Au lieu de fonctionner avec deux équipes sur une journée, les entreprises concernées devront ainsi passer à trois équipes, a-t-il expliqué.
Le ministre a également souligné le rôle des inspecteurs du travail, qui «devront suivre cette nouvelle situation pour donner aux gens leurs droits». Il a présenté cette réforme comme «un engagement du gouvernement».
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À propos de l’apprentissage professionnel, Younes Sekkouri a indiqué que le nouveau programme mis en place par le gouvernement a bénéficié à 100.000 personnes, contre des niveaux beaucoup plus faibles auparavant. «Nous n’en faisions pas beaucoup, seulement 9.000 apprentis», a-t-il rappelé. «Heureusement, nous sommes sur la bonne voie car actuellement près de 45.000 personnes se sont inscrites et ont commencé leur formation», s’est-il félicité.
Le ministre a également fait état de deux décisions prises dans ce domaine. La première concerne le relèvement de la limite d’âge, portée jusqu’à 50 ans dans certains cas et à 40 ans dans d’autres. La seconde porte sur l’élargissement de l’offre de formation, avec plus de 600 filières désormais proposées dans les secteurs de l’agriculture, de l’artisanat et du bâtiment. Selon lui, 30.000 entreprises sont disposées à accueillir des bénéficiaires dans le cadre du dispositif formation-travail.
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Pour sa part, le député Abdennour Hasnaoui, membre de l’Union socialiste des forces populaires (USFP, opposition), a exprimé son désaccord avec Younes Sekkouri. «Le gouvernement prétend toujours avoir une vision mais, en même temps, il dit toujours qu’il faut rattraper ce qui manque», a-t-il lancé, estimant que le programme de l’Exécutif n’a pas encore atteint les objectifs promis. Selon lui, «l’apprentissage professionnel demeure faible».
Entre réforme du temps de travail dans la sécurité privée et relance de l’apprentissage professionnel, Younes Sekkouri défend une politique de correction progressive des déséquilibres du marché du travail. Mais l’opposition, elle, voit surtout dans ces annonces le signe d’un retard accumulé que le gouvernement tente désormais de combler sous la pression sociale et parlementaire.




