PAM: Lekjaa sort la calculette et détaille le financement de son programme électoral

Fouzi Lekjaa, membre du bureau politique du PAM.

Le 22/09/2026 à 16h22

VidéoComment financer les promesses du PAM sans alourdir excessivement la dette publique? C’est à cette question que Fouzi Lekjaa s’est attelé en détaillant l’architecture financière qui doit, selon le parti, permettre de mettre en œuvre son programme électoral sur la période 2027-2031.

Le programme du Parti authenticité et modernité (PAM) est chiffré à 350 milliards de dirhams sur cinq ans, soit environ 70 milliards de dirhams par an. Il repose sur cinq pactes portant notamment sur le pouvoir d’achat, l’intégration des jeunes, les services publics, la souveraineté stratégique et la croissance durable.

Mais pour le responsable du PAM, ces mesures ne doivent pas être considérées comme une juxtaposition de dispositifs sociaux. Elles s’inscrivent dans une conception plus large de «l’État social», qui englobe à la fois la cohésion sociale, l’accès aux services publics, l’insertion économique et le soutien à l’initiative privée.

Une facture qui dépasse les 350 milliards

Dans un nouveau numéro de son podcast «Bi woudouh m3a Fouzi Lekjaa», le responsable du PAM élargit le périmètre financier en intégrant plusieurs composantes liées aux politiques sociales, à l’éducation, à la santé et au développement territorial. Selon son décompte, l’effort global atteindrait ainsi environ 390 milliards de dirhams sur cinq ans, dont 314 milliards seraient supportés par le budget général de l’État.

Lekjaa cite notamment 57 milliards de dirhams pour le programme de développement territorial intégré, 108 milliards pour la protection sociale (relèvement de l’aide directe de 500 à 1.000 dirhams) et la réforme des retraites (relèvement de la pension minimale à 3.000 dirhams), 93 milliards pour le soutien au pouvoir d’achat, 30 milliards pour l’insertion des jeunes et 26 milliards pour les infrastructures.

Pour financer cette politique, le PAM mise d’abord sur une accélération de l’activité économique. Le parti table sur une croissance moyenne de 5% par an entre 2027 et 2031, contre environ 3,7% sur la période 2022-2025, selon les hypothèses retenues dans son programme.

Le mécanisme est présenté comme relativement simple. Davantage de croissance doit entraîner davantage d’activité, d’emplois et de recettes fiscales, permettant ainsi de financer une partie importante des engagements.

Dans son schéma, le PAM estime que 300 milliards de dirhams pourraient provenir de l’effet additionnel de la croissance et de l’élargissement de l’assiette fiscale. À cela s’ajouteraient 40 milliards de dirhams provenant des collectivités territoriales et 10 milliards issus de réallocations et de gains d’efficience budgétaire.

Fouzi Lekjaa insiste également sur la trajectoire du déficit budgétaire. Le scénario retenu par le PAM prévoit de maintenir celui-ci autour de 3% du PIB au cours de la prochaine législature.

Pour le responsable du parti, la maîtrise du déficit constitue mécaniquement un facteur de stabilisation de la dette. Il rappelle qu’une hausse du déficit implique un besoin de financement supplémentaire et cite, à titre d’ordre de grandeur, environ 14 milliards de dirhams pour chaque point de déficit supplémentaire.

À l’inverse, maintenir le déficit à 3% permettrait, selon les projections du programme, d’inscrire la dette publique sur une trajectoire descendante. Le PAM vise ainsi un niveau de dette de 62% du PIB à l’horizon 2031, contre 66,8% dans l’hypothèse retenue pour la fin de 2026.

Une dette majoritairement domestique

Autre argument avancé par Lekjaa: environ deux tiers de l’endettement de l’État sont contractés sur le marché intérieur, contre un tiers à l’extérieur.

Cette configuration permettrait notamment de limiter l’exposition aux fluctuations des taux de change liées à l’endettement en devises, fait-il valoir. Le responsable du PAM met également en avant la ligne de crédit modulable accordée au Maroc par le FMI, qu’il présente comme un élément attestant de la confiance accordée à la solidité des fondamentaux financiers du Royaume et permettant, le cas échéant, d’accéder aux marchés internationaux dans des conditions favorables.

Le raisonnement défendu par Lekjaa repose enfin sur une distinction entre les dépenses courantes et les dépenses d’investissement. L’endettement doit, selon lui, servir à financer l’investissement et non la consommation courante.

Il s’appuie sur le principe selon lequel l’écart positif entre les recettes ordinaires et les dépenses ordinaires doit permettre de couvrir les charges courantes, tandis que le recours à l’emprunt doit principalement servir à financer les investissements publics.

Une approche qui doit, selon le responsable du PAM, permettre de continuer à investir dans les infrastructures, la santé, l’éducation et les équipements sociaux, tout en maintenant la dette à distance des niveaux considérés comme risqués.

Par La Rédaction
Le 22/09/2026 à 16h22