Maroc-Brésil: un grand avant-match diplomatique à Washington

L’ambassadeur du Royaume aux États-Unis, Youssef Amrani, et l’ambassadrice du Brésil à Washington, Maria Luisa Viotti.

L’ambassadeur du Royaume aux États-Unis, Youssef Amrani, et l’ambassadrice du Brésil à Washington, Maria Luisa Viotti.

À la veille d’une rencontre sportive très attendue entre le Maroc et le Brésil lors du Mondial, l’ambassadeur du Royaume aux États-Unis, Youssef Amrani, et l’ambassadrice du Brésil à Washington, Maria Luisa Viotti, se sont réunis à l’Atlantic Council pour débattre du sport comme vecteur d’influence. Un échange qui a mis en lumière la puissance du ballon rond pour rapprocher les peuples, tout en célébrant l’émergence du Royaume en tant que carrefour stratégique et sportif incontournable sur la scène internationale.

Le 05/06/2026 à 15h48

À une semaine de la rencontre opposant les sélections nationales du Maroc et du Brésil, le prestigieux Atlantic Council et l’Adrienne Arsht Latin America Center ont organisé à Washington un fireside chat consacré au thème du «pouvoir du sport en diplomatie», réunissant pendant près de 90 minute, l’Ambassadeur du Royaume du Maroc aux États-Unis, Youssef Amrani, et l’Ambassadrice du Brésil à Washington, Maria Luisa Viotti.

Dans une intervention articulée autour de la place croissante du sport comme levier d’influence, de rapprochement entre les peuples et de projection internationale des nations, l’Ambassadeur Youssef Amrani a souligné combien «le football constitue aujourd’hui un langage universel capable de transcender frontières, cultures et clivages.»

«Après près de cinquante ans de diplomatie, j’ai compris que le football peut ouvrir des portes et tisser des liens en 90 minutes que la diplomatie met parfois des années à construire. Le sport connecte instantanément. Il dépasse les frontières, les langues, les cultures et la politique», a-t-il affirmé.

Avant de poursuivre sur les échéances avenirs, le diplomate marocain a tenu «à saluer le travail remarquable des États-Unis dans l’organisation de la Coupe du Monde FIFA 2026, un rendez-vous mondial qui intervient dans un contexte hautement symbolique marqué par le 250e anniversaire des relations diplomatiques entre le Maroc et les États-Unis.»

Youssef Amrani a rappelé que le Royaume du Maroc fut le premier pays au monde à reconnaître l’indépendance américaine dès 1777, donnant naissance à une alliance historique fondée sur la confiance stratégique, le dialogue et la permanence de l’amitié entre Rabat et Washington.

Dans le prolongement de cet esprit d’ouverture et de rapprochement entre les continents, l’Ambassadeur a longuement mis en avant la portée historique de la Coupe du Monde 2030 que le Maroc accueillera aux côtés de l’Espagne et du Portugal.

Pour le diplomate, cette échéance consacre «le positionnement singulier du Royaume, comme Voulu par la Vision de Sa Majesté le Roi, faisant du Maroc un trait d’union entre l’Afrique, l’Europe, l’Atlantique et la Méditerranée.», précisant que «Le Maroc, enraciné en Afrique, lié à l’Europe et ouvert sur l’Atlantique et la Méditerranée, est naturellement un pont entre les mondes. La Coupe du Monde, c’est plus que des matchs: c’est rassembler, dialoguer, comprendre et démontrer que la coopération demeure possible dans un monde fragmenté», a-t-il soutenu.

Revenant sur la stratégie sportive portée par le Royaume dans le Sillage du Cap fixé de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, Youssef Amrani a estimé que «le Maroc a pris les devant depuis plusieurs décennie», rappelant que «Dès 2008 une Vision ambitieuse fondée sur l’investissement dans les infrastructures sportives, le capital humain et le développement territorial» et qu’aujourd’hui le Royaume récolte les fruits d’un travail sans relâche mener avec beaucoup d’abnégation, de structuration et d’ambition».

Le diplomate a notamment mis en avant les infrastructures de classe mondiale développées par le Royaume, la montée en puissance de l’Académie Mohammed VI de Football ainsi qu’une diplomatie sportive pleinement assumée comme outil de rayonnement et de transformation.

Les résultats obtenus ces dernières années témoignent, selon lui, de la clairvoyance de cette Vision stratégique: «demi-finale historique de la Coupe du Monde 2022 au Qatar, sacre mondial des moins de 20 ans en 2025 au Chili ou encore progression remarquable du football féminin marocain.»

Évoquant longuement le rôle de l’Académie Mohammed VI, Youssef Amrani a rappelé qu’elle a permis l’émergence de talents aujourd’hui emblématiques du football marocain tels qu’Azzedine Ounahi, Nayef Aguerd ou Youssef En-Nesyri.

Au-delà de la seule dimension sportive, l’Ambassadeur a souligné que l’accueil de grandes compétitions internationales agit comme un puissant accélérateur de transformation économique et sociale, faisant désormais du sport «un investissement stratégique pour la jeunesse, le développement et le rayonnement international du Royaume».

Revenant dans une deuxième temps sur les relations entre Rabat et Brasilia, Youssef Amrani a Fruits sur les fortes convergences qui rapprochent le Maroc et le Brésil autour d’une même vision du multilatéralisme, du développement durable et du renforcement de la coopération Sud-Sud.

Le diplomate a rappelé que le Maroc constitue aujourd’hui le deuxième partenaire commercial du Brésil en Afrique, tandis que le Brésil demeure pour le Royaume un partenaire majeur dans les domaines de l’agriculture, de la sécurité alimentaire, des engrais et de l’industrie.

«La relation atlantique ne se limite plus à l’Amérique du Nord et à l’Europe. L’Atlantique Sud devient aujourd’hui un espace stratégique de coopération et de croissance», a-t-il souligné.

Dans cette perspective, Youssef Amrani a mis en avant les fortes complémentarités entre les deux économies, relevant que l’excellence agricole brésilienne et le leadership marocain dans les engrais et les énergies renouvelables ouvrent la voie à une coopération stratégique porteuse de croissance, d’investissement et d’emplois.

Le sport apparaît, dans ce cadre, comme un puissant accélérateur de rapprochement humain, culturel et économique entre les nations.

L’Ambassadeur s’est ainsi félicité de la participation attendue de la Ministre brésilienne de la Culture, Margareth Menezes, également artiste de renom, au Festival Mawazine, y voyant une illustration concrète de la vitalité des échanges culturels entre le Maroc et le Brésil.

En conclusion, Youssef Amrani a souligné que le Maroc conçoit aujourd’hui le sport comme un instrument d’influence mais également comme un vecteur de solidarité, de partenariat et de développement partagé.

Rendant hommage à la tradition footballistique brésilienne, il a estimé que peu de nations comprennent aussi profondément que le Brésil la portée universelle du football.

«Le Maroc, pour sa part, a donné une nouvelle impulsion à la diplomatie sportive: celle d’une nation africaine du Sud global qui s’affirmre sur la scène internationale avec travail, confiance, crédibilité et vision», a-t-il affirmé.

À quelques jours de la rencontre Maroc-Brésil du 13 juin prochain, le diplomate a conclu sur une note empreinte de fraternité et d’optimisme: «Que la meilleure équipe gagne. Mais quel que soit le score, le Maroc et le Brésil gagnent déjà ensemble à travers l’amitié, la coopération et une vision commune de l’avenir. De Pelé à Hakimi, du Maracanã à Casablanca, le football est bien plus qu’un jeu : il crée la confiance, construit l’amitié et rapproche les peuples au-delà des océans et des continents.»

Cette rencontre a ainsi offert une mise en perspective forte du rôle croissant du sport comme outil de dialogue, de rapprochement et de projection stratégique des nations. Elle a également illustré la profondeur des liens entre le Maroc et le Brésil, deux pays unis par une même passion du football et une vision commune d’un partenariat ouvert sur l’avenir.

De son côté, l’Ambassadrice du Brésil à Washington, Maria Luisa Viotti, a souligné combien le football constitue un puissant vecteur de rapprochement entre les peuples et un langage universel capable de créer des passerelles durables entre les cultures et les nations. Elle a salué le parcours remarquable du Maroc ces dernières années ainsi que l’élan suscité par la performance historique des Lions de l’Atlas lors du Mondial 2022, estimant que le Royaume incarne aujourd’hui «une nouvelle énergie du football mondial» et que le 13 juin sera sans aucun doute un match disputé et serré entre deux grandes nations, deux équipes talentueuse et deux partenaires historiques.

Par La Rédaction
Le 05/06/2026 à 15h48