La Chambre criminelle près la Cour d’appel de Tétouan a désigné un avocat dans le cadre de l’assistance judiciaire afin d’assurer la défense du principal suspect impliqué dans un meurtre perpétré dans le complexe touristique Marina Smir, à M’diq. «Une audience programmée au cours de cette dernière semaine visait à entamer les débats sur les détails d’une affaire aux ramifications complexes, liée à un réseau international de trafic de drogue, spécialisé dans le transport de cargaisons de résine de cannabis vers l’étranger au moyen d’embarcations rapides», indique le quotidien Al Akhbar dans son édition du mercredi 29 juillet.
L’enquête ouverte à la suite du meurtre du jeune homme à Marina Smir a permis de mettre au grand jour les modes opératoires de réseaux transnationaux de trafic de stupéfiants. Le principal mis en cause dans ce crime a reconnu sa participation à l’acheminement de quantités de chira oscillant entre une et trois tonnes à travers les côtes du nord du Royaume vers le sud de l’Espagne, tout en mentionnant le surnom du capitaine de l’embarcation, sans révéler sa véritable identité. Par ailleurs, un mandat d’arrêt a été émis contre un autre suspect résidant dans la ville de Tétouan.
Cela étant, les grèves successives des avocats à Tétouan ont retardé le jugement de l’accusé principal, poursuivi pour homicide volontaire et trafic international de drogue. «La présence de la défense demeure obligatoire dans ce type d’affaires criminelles afin de garantir les conditions d’un procès équitable et le respect des droits de la défense, évitant ainsi que seules les parties lésées ne soient entendues», note Al Akhbar.
Après les faits, le principal suspect s’était d’abord réfugié dans la zone côtière de Dalia, où il avait été hébergé par des amis, avant de se rendre dans une zone rurale de la province de Tétouan, puis de rejoindre Tanger. Dans la ville du Détroit, il menait un train de vie luxueux, louant une somptueuse villa avec piscine où il organisait des soirées festives, entretenait des relations amoureuses et recevait de jeunes femmes, qui ont été auditionnées par la police judiciaire dans le cadre de l’enquête.
L’arrestation du fugitif a été rendue possible grâce à un internaute entré en contact avec la mère de la victime. Celui-ci a révélé l’emplacement exact de l’auteur présumé du crime, indiquant qu’il fréquentait un salon de coiffure, se déplaçait sous une fausse identité espagnole, louait des voitures de luxe ainsi que des motos sportives et organisait des fêtes bruyantes. Ces renseignements ont été exploités par les services de renseignement et de sécurité pour localiser le suspect et procéder à son interpellation. Au moment de son arrestation, l’individu a tenté de s’enfuir en sautant d’une fenêtre à Tanger, se fracturant la jambe. Il a été transféré à l’hôpital afin de recevoir les soins nécessaires avant d’être entendu conformément aux procédures légales en vigueur.
Au début des interrogatoires, l’accusé a tenté de justifier l’origine de ses revenus en affirmant être propriétaire d’un commerce d’aliments à Algésiras ainsi que d’un salon de chicha à Madrid. Il a également prétendu percevoir des revenus importants acheminés par une jeune femme espagnole. Il a toutefois refusé de s’expliquer sur ses antécédents judiciaires à l’étranger ainsi que sur ses liens présumés avec de dangereuses organisations criminelles recrutant des hommes de main pour des règlements de comptes ou des exécutions ciblées.
La mère de la victime a été entendue par la justice. Elle a réclamé la poursuite judiciaire du principal accusé, poursuivi en état de détention par le parquet près la cour d’appel de Tétouan pour l’agression mortelle commise à Marina Smir, au cours de laquelle la victime a succombé à un coup de poignard d’une extrême violence porté au ventre. L’affaire implique également une jeune femme qui accompagnait les mis en cause, poursuivie pour non-assistance à personne en danger, ainsi qu’un autre prévenu accusé d’avoir participé à l’agression en rouant de coups la victime alors qu’elle gisait au sol.




