La communauté internationale a haussé le ton contre la milice du Polisario après son attaque à la roquette du 5 mai aux abords de la prison d’Es-Smara, au Sahara marocain, qui a blessé une civile. En l’espace de 48 heures, l’ONU, l’Union européenne et les États-Unis ont, chacun de leur côté, condamné les tirs et réaffirmé la primauté de la voie politique sur les agissements d’une milice de plus en plus isolée sur la scène internationale.
Lors de son point de presse quotidien tenu jeudi soir à New York, le porte-parole du Secrétaire général de l’ONU, Stéphane Dujarric, a transmis la position de l’envoyé personnel Staffan De Mistura. Celui-ci indique qu’il «soutient et partage les préoccupations exprimées par la MINURSO» face aux tirs dans des zones civiles, et souligne que «c’est le moment du dialogue et des négociations, et non celui d’une escalade militaire».
«De telles attaques mettent en évidence la nécessité urgente de revenir au cessez-le-feu et de négocier une solution politique durable et mutuellement acceptable», a-t-il ajouté.
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L’ambassadeur de l’Union européenne au Maroc, Dimiter Tzantchev, a publié vendredi un message sur X allant dans le même sens. «La récente attaque contre Smara doit être condamnée. Ce n’est pas le moment d’escalader, mais de négocier, conformément à la résolution 2797 (2025) du Conseil de sécurité de l’ONU, en prenant comme base le plan d’autonomie du Maroc en vue de parvenir à une solution juste, durable et mutuellement acceptable, conforme à la Charte des Nations Unies», a-t-il écrit.
La mission permanente de la France auprès de l’ONU a publié hier un communiqué sans ambiguïté. Paris condamne «l’attaque revendiquée par le Front Polisario contre la ville d’Es-Smara», juge qu’elle «menace la stabilité régionale et met en péril le processus de négociation engagé après l’adoption de la résolution 2797 (2025)» et appelle le Polisario à respecter le cessez-le-feu.
Sur le fond, la France tranche sans détour: «L’initiative d’autonomie sous souveraineté marocaine trace la voie vers une paix juste, durable et mutuellement acceptable. Elle constitue, pour la France, la seule base pour y aboutir.» Paris appelle par ailleurs la MINURSO, en lien avec les autorités marocaines, à «faire toute la lumière sur ces attaques».
La mission américaine auprès de l’ONU s’est exprimée mercredi dans des termes tout aussi fermes. «Nous condamnons les attaques du Front Polisario à Es-Smara. Une telle violence menace la stabilité régionale et les progrès réalisés vers la paix. Ces actions sont incompatibles avec l’esprit des récentes discussions. Le moment est venu de mettre fin à ce conflit vieux de 50 ans», a-t-elle déclaré.
«Le plan marocain d’autonomie trace la voie vers la paix au Sahara occidental», a ajouté Washington, prévenant que «le statu quo ne peut plus durer».
L’attaque avait visé les abords de la prison d’Es-Smara, où deux déflagrations ont été enregistrées. L’une d’elles a blessé une femme, touchée à la jambe et aux épaules, avant d’être évacuée vers l’hôpital provincial. Les autorités locales ont rapidement déployé les services de sécurité et de protection civile pour sécuriser la zone et enquêter sur l’origine des tirs, dont les méthodes rappellent celles utilisées par le Polisario lors d’incidents similaires ces dernières années.
Fidèle à ses pratiques, la milice à la solde du pouvoir algérien a revendiqué l’opération dans un communiqué diffusé par son agence de propagande SPS, affirmant avoir ciblé «les bases arrière de l’armée d’occupation» et infligé «de lourdes pertes». Une version des faits en totale contradiction avec la réalité du terrain, où ce sont des civils qui ont été visés et une femme sans défense qui en a payé le prix.



