De nombreuses voix associatives se sont élevées pour exprimer leur vive préoccupation face à la volonté d’adopter, dans un temps très restreint et selon une logique étroitement technico-administrative, des modifications substantielles à la loi organique relative aux régions. Dans un appel signé par plus d’une centaine d’associations et d’organisations de la société civile, les signataires rappellent que les acquis issus de cette loi constituent une étape décisive vers l’instauration d’une démocratie locale authentique, d’une gestion affranchie des tutelles et d’une équité spatiale.
Pourtant, ces mêmes instances s’étonnent du retour à une approche législative marquée par la verticalité et la centralisation, symptôme selon elles d’une orientation alarmante, relaie Al Ahdath Al Maghribia de ce jeudi 21 mai. Laquelle orientation vise un recentrage de la prise de décision au sommet de l’État, au détriment de l’indépendance et des prérogatives régionales. Elles déplorent l’absence d’une véritable concertation avec les assemblées élues, les acteurs locaux, les associations et les organisations civiles, dans un processus qui semble progressivement dépouiller les régions de leurs compétences au profit de l’administration centrale.
Par ailleurs, les mêmes sources critiquent l’insistance de la législation à maintenir le régime des «associations reconnues d’utilité publique», qui perpétue une logique sélective et discriminatoire parmi les ONG. Dès lors, cette révision de la loi organique apparaît comme une remise en cause des acquis patiemment construits par le Maroc en matière de décentralisation et de régionalisation avancée.
Dans un communiqué, la coalition associative à l’origine de cet appel souligne que celui-ci met en lumière les aspects négatifs des modifications proposées. Celles-ci porteraient atteinte à l’esprit même de la gestion libre, en rétablissant la logique de «l’approbation» préalable au détriment du simple «visa», en dépossédant les régions du pouvoir de nomination des directeurs, et en affaiblissant les mécanismes de contrôle et de transparence au sein des sociétés régionales. Autant de dispositions qui suscitent de véritables interrogations quant à la gouvernance et au lien entre responsabilité et reddition des comptes.
L’appel ne se borne toutefois pas à défendre les acquis existants, écrit Al Ahdath Al Maghribia. Il insiste avec force sur la nécessité d’élargir les attributions des régions et de renforcer leur autonomie, afin de les transformer en véritables locomotives de développement, de démocratie territoriale et de justice spatiale. La coalition appelle également à doter les régions des moyens financiers, humains et techniques indispensables à l’accomplissement de leurs missions constitutionnelles, et à réduire la prépondérance des établissements centraux sur les questions vitales de développement, d’investissement et de services essentiels.




