Actuel président du conseil de la région de Dakhla-Oued Eddahab, Yanja El Khattat «serait en passe de quitter le PI pour rejoindre les rangs du PAM», à quelques semaines des élections législatives, indique Al Akhbar de ce jeudi 2 juillet, précisant que cette «défection, si elle se confirme, mettrait un terme à un long bras de fer entre Khattat et Hamdi Ould Errachid, coordinateur istiqlalien des trois régions du Sud, dont les relations se sont progressivement envenimées». Selon le quotidien, «tout semble avoir basculé lorsque Ould Errachid, usant de son influence auprès du secrétaire général du parti, Nizar Baraka, a manœuvré pour que l’investiture de la tête de liste dans la circonscription d’Oued Eddahab ne soit pas accordée à Khattat», qui, «privé de ce soutien officiel, s’est retrouvé marginalisé, alors que Ould Errachid tient d’une main ferme les rênes des affaires du parti dans les trois provinces sahariennes». Al Akhbar précise qu’il «en est de même pour Abdessamed Kayouh qui exerce un contrôle tout aussi rigoureux sur la région voisine de Souss-Massa».
Le quotidien indique que «pour suppléer à Khattat, la direction du parti s’est tournée vers Maelainine Bougarne, figure proche de Ould Errachid, pressentie pour mener la liste dans la circonscription d’Oued Eddahab», et ajoute que cette «décision, perçue comme une défiance, a provoqué une vive irritation chez Khattat, lequel a dès lors entrepris de chercher un nouvel abri partisan pour l’un des scrutins les plus stratégiques prévus dans les provinces du Sud». D’après Al Akhbar, «les tensions actuelles ne sont pas nées d’un simple désaccord conjoncturel, mais s’inscrivent dans une rivalité profonde, cristallisée autour des deux congrès provinciaux du parti à Oued Eddahab et Ousserd, d’il y a deux ans. Ces assises, censées renouveler les instances locales, avaient dégénéré en affrontements physiques entre les partisans des deux camps, paralysant les travaux et révélant au grand jour une division désormais structurelle».
Le quotidien rappelle qu’à la suite de ces faits, il a fallu «l’intervention d’une délégation dépêchée par le parti à Dakhla –et une réunion restreinte réunissant Khattat et Bougarne– pour qu’un semblant d’apaisement puisse être trouvé». Selon les termes de l’accord conclu, les protagonistes avaient prévu «un partage des quotas de congressistes entre les deux courants pour le prochain congrès national», ce qui, estime le quotidien, aurait été une «solution de compromis qui, si elle a momentanément calmé les esprits, n’a pas résorbé les antagonismes».




