Législatives: Baraka explique le recul de l’Istiqlal par la baisse de la participation et le retour du PJD

Nizar Baraka lors de la réunion du Conseil national extraordinaire du Parti de l’Istiqlal, ce samedi 3 octobre à Salé.

Le secrétaire général du Parti de l’Istiqlal, Nizar Baraka, a livré ce samedi 3 octobre, devant le Conseil national extraordinaire de son parti réuni à Salé, sa lecture des résultats des élections législatives du 23 septembre. Pour expliquer le recul de l’Istiqlal en nombre de sièges par rapport à 2021, il a notamment mis en avant deux facteurs: la baisse de la participation et le retour du Parti de la justice et du développement (PJD) dans la compétition électorale.

Le 03/10/2026 à 14h54

L’Istiqlal est passé de 81 sièges en 2021 à 65 sièges au terme du scrutin du 23 septembre 2026, soit une perte de 16 sièges. Sur les listes locales, le parti a recueilli 751.672 voix, contre environ 1,2 million en 2021, selon les chiffres avancés par Nizar Baraka. En intégrant les listes régionales, son score atteint 1.505.616 voix au total en 2026.

Pour le secrétaire général de l’Istiqlal, cette baisse doit toutefois être relativisée au regard de l’évolution de la participation électorale. «80% du recul enregistré est dû à la baisse du nombre de participants au vote», a-t-il affirmé devant les membres du Conseil national, estimant que la diminution du nombre de votants a mécaniquement pesé sur les résultats de plusieurs formations, dont la sienne.

Baraka a ainsi insisté sur la nécessité de ne pas limiter l’analyse des résultats à la seule comparaison avec les législatives de 2021. Selon les données qu’il a présentées, l’Istiqlal a recueilli en 2026 quelque 15,34% des voix, contre 16,8% cinq ans auparavant. Il estime que cette proportion demeure supérieure à celle enregistrée par le parti lors des législatives de 2016 et de 2011.

Le second facteur mis en avant par Nizar Baraka est le retour du PJD dans la compétition électorale. Après avoir obtenu seulement 13 sièges en 2021, le parti dirigé par Abdelilah Benkirane en a remporté 54 lors du scrutin du 23 septembre, soit 41 sièges supplémentaires.

Dans l’analyse de Baraka, cette remontée a directement modifié la répartition des voix dans plusieurs circonscriptions. Il a rappelé que le scrutin de 2021 avait été marqué par une configuration particulière, avec une forte démobilisation de l’électorat du PJD. Le retour d’une partie de cette base électorale a, selon lui, eu un impact sur les résultats de l’Istiqlal, les deux formations partageant, a-t-il souligné, «le même référentiel» et disposant d’un électorat ainsi que d’une implantation qui se recoupent dans plusieurs zones.

Cette lecture permet au secrétaire général de l’Istiqlal de relativiser le recul en sièges. Il estime que le parti a conservé «sa base électorale» ainsi que son statut parmi les principales forces politiques du pays.

Des sièges perdus à quelques voix près

Baraka a également insisté sur les écarts particulièrement réduits qui ont séparé certains candidats istiqlaliens des derniers candidats élus. Il a cité notamment le cas de Fahs-Anjra, où le siège disputé s’est joué à 12 voix près, ainsi que celui de Rabat-Océan, où l’écart aurait été de 17 voix.

Les résultats publiés confirment le caractère extrêmement serré de certaines compétitions. À Fahs-Anjra, le candidat de l’Istiqlal Driss Saour Mansouri a obtenu 4.892 voix, contre 4.904 pour Abdeslam Chellaf du PAM, soit un écart de 12 voix. Ce résultat constitue le plus faible écart relevé entre le dernier élu et la liste suivante dans les circonscriptions locales.

À Rabat-Océan, le candidat istiqlalien Abdelilah Bouzidi El Idrissi a également échoué de peu, avec un écart de 17 voix selon les données publiées. Plus largement, l’analyse des résultats fait apparaître 47 cas où moins de 1.000 voix séparent la dernière liste élue de la première liste non élue, dont cinq cas avec un écart inférieur à 100 voix. L’Istiqlal arrive en tête des partis pour le nombre de listes restées à moins de 1.000 voix d’un siège, avec 11 cas recensés.

Le secrétaire général de l’Istiqlal a, dans ce contexte, avancé que son parti aurait pu décrocher huit sièges supplémentaires avec environ 2.700 voix additionnelles seulement, en raison de ces écarts très serrés dans plusieurs circonscriptions.

Baraka a par ailleurs estimé que la compétition électorale n’avait «pas toujours été équitable malgré sa rudesse», faisant ainsi référence à des pratiques qu’il considère comme ayant influé sur les résultats de certaines circonscriptions.

Pour illustrer la persistance de l’ancrage électoral de l’Istiqlal, Nizar Baraka a également mis en avant plusieurs performances individuelles enregistrées le 23 septembre.

À Laâyoune, il a notamment fait état d’un taux de participation supérieur à 75% et de plus de 53.000 voix recueillies par les candidats istiqlaliens, un score qu’il a présenté comme un record pour le parti dans cette circonscription.

Le secrétaire général a également souligné que trois des cinq meilleurs scores individuels réalisés au niveau national revenaient à des candidats de l’Istiqlal: Hamdi Ould Errachid, M’barek Tarmounia et Abdessamad Kayouh. Il a également cité la performance de Madiha Khayr, arrivée en tête au niveau national parmi les candidates des listes locales.

Au terme de ses travaux, le Conseil national extraordinaire de l’Istiqlal a donné mandat à Nizar Baraka pour poursuivre les consultations sur une éventuelle participation du parti au prochain gouvernement dirigé par Fatima-Ezzahra El Mansouri. Le secrétaire général est ainsi chargé de mener à bien les discussions engagées avec la cheffe du gouvernement désignée et de déterminer, à leur issue, la position du parti.

Par Wadie El Mouden
Le 03/10/2026 à 14h54