La scène politique marocaine se trouve à un tournant décisif après que le Parti Authenticité et Modernité (PAM) a réussi, 18 ans après sa fondation, à remporter les élections législatives et à se positionner pour diriger le gouvernement. Cette victoire historique, issue du mouvement du 25 mars 2008, marque une rupture avec des années d’échec ou d’exclusion de l’exercice gouvernemental, propulsant le parti de l’opposition vers les commandes de l’exécutif. Ce passage de témoin s’annonce toutefois complexe en raison de défis structurels et objectifs majeurs, écrit le quotidien Al Ahdath Al Maghribia de ce vendredi 25 septembre.
La première épreuve réside dans la formation de la majorité gouvernementale, un exercice contraint par la loi électorale proportionnelle marocaine, qui empêche historiquement l’émergence d’une majorité absolue pour un seul parti. Le PAM est ainsi contraint de bâtir une coalition élargie pour garantir une assise parlementaire confortable, ce qui augure de négociations ardues. Plusieurs scénarios de alliances se dessinent alors, allant du renouvellement de la collaboration avec le Rassemblement National des Indépendants (RNI) jusqu’à des options plus audacieuses et inédites.
Parmi ces options, l’hypothèse d’un rapprochement avec l’adversaire historique, le Parti de la Justice et du Développement (PJD), fait figure de scénario atypique. Bien qu’il permettrait de redistribuer les cartes politiques, cette idée demeure hautement improbable, en raison de divergences idéologiques profondes et de la concurrence féroce qui a marqué la dernière campagne électorale. De même, un accord avec le RNI, bien que favorisé par un passif de gestion commune, se heurte aux rivalités nues observées lors des urnes, lit-on dans Al Ahdath Al Maghribia.
D’autres alternatives impliquent l’ouverture vers des partenaires traditionnels ou l’exploration de pistes hétérodoxes, telles que des alliances avec l’Istiqlal, l’Union Socialiste des Forces Populaires (USFP) ou le Front des Forces Démocratiques (FFD). Cependant, ces configurations soulèvent des questions quant à la cohérence idéologique et au risque d’une instabilité gouvernementale accrue. Le temps presse également pour la répartition des portefeuilles ministériels, où la nécessité d’allier compétences et harmonie exécutive s’impose pour éviter tout blocage institutionnel.
Le futur exécutif devra impérativement concilier les impératifs programmatiques des différentes formations alliées avec les attentes socio-économiques urgentes de leurs électeurs. Le défi ultime réside dans la capacité à formuler un projet gouvernemental consensuel et solide, capable d’être adopté rapidement par le parlement tout en répondant aux grands chantiers de développement.



