Après avoir subi des revers diplomatiques et perdu l’influence qu’il exerçait autrefois sur les scènes africaine, arabe et européenne, le régime algérien, fidèle à ses habitudes, s’efforce de restaurer son image, par le biais d’initiatives dont la crédibilité reste discutable, à l’instar de la proposition d’une union maghrébine tripartite.
Cette fois-ci, les dirigeants d’Alger semblent s’être tournés vers leur allié tunisien, Kaïs Saïed, dont le pays est désormais considéré comme une simple wilaya algérienne, rapporte le quotidien Al Ahdath Al Maghribia de ce 18 mars.
Le président tunisien se voit attribuer un rôle de figurant, en échange d’une assistance financière et énergétique qui lui permet d’atténuer les difficultés économiques auxquelles son pays est confronté.
Les échecs successifs essuyés par le régime algérien, notamment face à la coalition franco-marocaine, l’ont incité à réactiver l’idée d’une union maghrébine sélective, dont l’objectif principal serait d’exclure le Royaume.
Cependant, face au refus de la Mauritanie de participer à cette manœuvre, cette alliance contre nature s’est réduite à un trio composé de l’Algérie, de la Tunisie et de la Libye.
Isolé sur le plan régional, le régime algérien tente de relancer cette union avortée en convoquant une réunion de coordination entre les trois pays, dans l’espoir de créer une coalition maghrébine sur mesure, centrée sur l’Algérie.
Les observateurs demeurent sceptiques quant à la réussite de ce sommet, soulignant les difficultés économiques et politiques structurelles auxquelles les pays participants sont confrontés.
L’idée d’un «partenariat stratégique» avait déjà été évoquée lors du forum des pays exportateurs de gaz, tenu à Alger en 2024.
Une conférence, qui fut suivie d’un sommet à Tunis, avait suscité de vives controverses en raison de ses objectifs implicites visant à saper l’Union du Maghreb Arabe (UMA).
De nombreuses voix se sont élevées tant en Tunisie qu’en Libye, exhortant leurs dirigeants à ne pas se laisser entraîner dans ce jeu, orchestré par le régime algérien.
Un scénario similaire se dessine à l’approche du sommet prévu en Libye, où de nombreux citoyens mettent en garde contre les intentions du président algérien Abdelmadjid Tebboune.
L’ancien porte-parole du Conseil présidentiel libyen, Mohamed Al-Sallak, a ainsi appelé cette institution à ne pas outrepasser ses prérogatives, en prenant des décisions qui impliquent la Libye dans la crise entre le Royaume et l’Algérie.
Il estime que la création de cette entité, excluant le Maroc et la Mauritanie, ne ferait qu’aggraver les divisions, au lieu de favoriser la cohésion et la coopération régionale.
Dans une récente interview accordée à la chaîne Al Magharibia, l’ancien président tunisien, Moncef Marzouki, a affirmé que le régime algérien avait entravé et continue de s’opposer à tout rapprochement entre les peuples du Maghreb.
Il a rappelé avoir présenté une initiative en ce sens, lorsqu’il était en fonction, mais que l’Algérie l’avait rejetée, exigeant la résolution du conflit du Sahara avant d’envisager une quelconque union, relaie Al Ahdath Al Maghribia.
En misant sur une union restreinte, le régime algérien ne fait qu’accentuer son isolement, multiplier les échecs de ses plans et condamner ce projet à l’échec.
Il ne lui reste plus qu’à compter sur la Tunisie, dont la stabilité est compromise depuis l’arrivée au pouvoir de Kaïs Saïed, qui a fait de son pays un otage des ambitions des dirigeants algériens, eux-mêmes dépourvus de légitimité.
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