À l’entame de la dernière année du mandat des assemblées élues à Tétouan et dans le reste des provinces de la région Tanger-Tétouan-Al Hoceïma, la controverse a repris de plus belle autour des fortunes des présidents de communes et des parlementaires, mais aussi à propos de grands projets immobiliers d’édification de commerce et de tourisme.
Selon des sources interrogées par le quotidien Al Akhbar de ce mercredi 28 octobre, les appels à une publication des conclusions des rapports de l’inspection précédente se multiplient, de même qu’à l’activation du principe de responsabilité et de reddition des comptes envers des élus qui ont investi la scène politique, fait fructifier leurs projets et exploité la gestion des affaires publiques pour servir leurs intérêts particuliers.
Des enquêtes qui ont été menées sur les fortunes de certains élus du nord du Royaume sont caractérisées par d’âpres luttes, en lien avec le nomadisme politique et la présidence des conseils lors des élections communales et régionales prévues l’année prochaine, relaie Al Akhbar. Plusieurs acteurs de la société civile à Tétouan et dans ses environs appellent les organismes concernés à révéler ce qu’il est advenu des rapports établis par les autorités compétentes sur des fortunes suspectes accumulées par certains élus.
Cette question préoccupe de nombreux présidents de communes et dirigeants de partis de Tétouan et de ses environs, notamment ceux qui ont assumé pendant des années la responsabilité de la gestion alors qu’ils exerçaient des professions modestes, avant de se transformer en hommes d’affaires détenteurs de biens immobiliers, de villas et de multiples projets.
Selon une source interrogée par le quotidien, les services suivent les pistes de soupçons de liens établis indirectement entre des élus et des blanchisseurs d’argent, ainsi que de recours au soutien de l’argent noir lors des échéances électorales. La contrepartie étant de servir des intérêts particuliers une fois que les personnes soutenues sont portées à des postes de gestion et impliquées indirectement dans l’investissement immobilier et la construction de projets de logement de luxe.
La reddition des comptes, lancée par l’État, tourmente désormais nombre de figures politiques connues dans le nord du Royaume, où les opérations d’inspection menées par le ministère de l’Intérieur se poursuivent dans la plupart des communes. Leurs services enquêtent sur des marchés publics et sur les modalités de dépense de l’argent public, en plus des rapports de la Cour régionale des comptes, écrit Al Akhbar.
Plusieurs responsables avaient auparavant déclaré que l’opération de reddition des comptes précédemment menée allait se poursuivre avec fermeté au cours des prochains mois, après avoir abouti au gel des fortunes de plusieurs élus et à l’emprisonnement de figures connues à l’échelle nationale pour leur implication dans des réseaux de trafic international de drogue.




