Le Maroc accueille cette semaine à Rabat une retraite internationale consacrée à l’Examen périodique universel (EPU), mécanisme central du système onusien de promotion et de protection des droits de l’Homme. Organisée les 5 et 6 juin par le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’Homme (HCDH), en partenariat avec la Délégation interministérielle aux droits de l’Homme (DIDH), cette rencontre réunit de hauts responsables des Nations unies, des diplomates ainsi que des experts internationaux autour de l’avenir de ce mécanisme.
Placée sous le thème «Au-delà du 4ème cycle de l’EPU: renforcer le processus pour un impact transformateur sur les droits de l’Homme», la rencontre rassemble notamment le président du Conseil des droits de l’Homme des Nations unies, Sidharto Reza Suryodipuro, ainsi que Juliette de Rivero, cheffe de la Division de l’Examen périodique universel au sein du Haut-Commissariat.
À l’ouverture des travaux, plusieurs intervenants ont mis en avant les progrès réalisés par le Maroc dans le domaine des droits de l’Homme, dans le cadre des réformes institutionnelles engagées sous l’impulsion du roi Mohammed VI et consacrées par la Constitution.
Dans son allocution inaugurale, le délégué interministériel aux droits de l’Homme, Mohammed El Habib Belkouch, a appelé les participants à tirer profit de cette rencontre pour mener une réflexion collective sur les acquis du mécanisme, les défis qui demeurent et les perspectives de son évolution. L’objectif, a-t-il souligné, est de permettre à l’EPU de répondre davantage aux attentes des populations et aux mutations du contexte international.
Le responsable a également rappelé que le Maroc a progressivement développé une approche institutionnelle intégrée fondée sur la coordination entre les différents acteurs nationaux, la concertation et le suivi des recommandations issues des mécanismes internationaux de protection des droits de l’Homme.
Interrogé par Le360, le président du Conseil des droits de l’Homme des Nations unies a souligné l’importance de cette rencontre, qui intervient à un moment charnière pour l’institution. «Le Conseil célèbre cette année son vingtième anniversaire. C’est une excellente occasion d’avoir une discussion franche sur les réformes nécessaires dans un environnement mondial en mutation rapide, ainsi que sur les défis auxquels sont confrontés les Nations unies et le Conseil des droits de l’Homme», a-t-il déclaré.
Créé en 2006 et basé à Genève, le Conseil des droits de l’Homme constitue le principal organe intergouvernemental des Nations unies chargé de la promotion et de la protection des droits fondamentaux à travers le monde.
Les travaux de Rabat sont structurés autour de plusieurs tables rondes consacrées aux perspectives d’évolution de l’EPU et à son efficacité dans le suivi des engagements pris par les États. Intervenant lors du séminaire, Omar Zniber, ambassadeur et représentant permanent du Maroc auprès des Nations unies à Genève, a souligné que cette initiative témoigne de l’engagement du Royaume en faveur du renforcement des mécanismes multilatéraux relevant du Conseil des droits de l’Homme.
Selon lui, cette réflexion intervient à un moment stratégique, alors que le quatrième cycle de l’Examen périodique universel touche à sa fin et que la communauté internationale se prépare à l’ouverture du cinquième cycle.
Les organisateurs ont également mis en avant l’importance de la période de transition entre ces deux cycles, considérée comme une opportunité pour évaluer le fonctionnement du mécanisme et identifier les pistes d’amélioration. Dans cette perspective, la Délégation interministérielle aux droits de l’Homme a élaboré un questionnaire multilingue destiné à recueillir les contributions et les recommandations d’un large éventail d’acteurs institutionnels, académiques et de la société civile.
Créé en mars 2006 par l’Assemblée générale des Nations unies, l’Examen périodique universel est un mécanisme de suivi qui permet d’évaluer régulièrement la situation des droits de l’Homme dans tous les États membres de l’ONU et de mesurer le respect de leurs engagements internationaux en la matière.




