Dans la coalition ou l’opposition: l’Istiqlal reporte sa décision

Nizar Baraka, secrétaire général du PU$I, à un meeting électoral le 19 septembre 2026, à Larache.

Revue de presseAvec plus de 1,5 million de suffrages et 65 sièges à la Chambre des représentants, le Parti de l’Istiqlal (PI) est un acteur incontournable des actuels pourparlers en vue de la formation d’un gouvernement. Arrivé second juste après le Parti authenticité et modernité (PAM), troisième en nombre de sièges remportés, le PI a décidé de reporter sa décision. Participer à la formation d’une majorité ou s’aligner parmi les partis dans l’opposition, c’est la temporisation adoptée par ses leaders, à l’origine d’appels en interne à la convocation d’une réunion du Conseil national. But de cette rencontre: évaluer les résultats du scrutin et définir la prochaine orientation politique du parti. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Al Akhbar.

Le 28/09/2026 à 18h27

Le PI a finalement décidé de différer sa décision, qui reste suspendue à deux alternatives: son éventuelle participation à la formation d’une majorité gouvernementale ou son alignement parmi les partis de l’opposition. La formation politique attend que des décisions soient prises et annoncées, à l’issue des différentes consultations entreprises, pour la formation d’un nouveau gouvernement.

Alors que la direction opte pour une temporisation, certains ténors de l’Istiqlal veulent une réunion du Conseil national, pour évaluer plus précisément les résultats du scrutin et débattre du positionnement du parti pour les cinq années à venir, relaie Al Akhbar de ce mardi 29 septembre.

Selon les résultats annoncés, l’Istiqlal a obtenu plus de 1,5 million de voix, et s’arroge donc la seconde place derrière le PAM. Le PI s’est toutefois classé troisième en nombre de sièges obtenus à la première Chambre (65 élus, contre 66 pour le RNI et 97 pour le PAM). Cette configuration a été accueillie avec satisfaction par la direction du PI, eu égard à la forte concurrence qui a marqué ces élections et à la nette régression enregistrée par plusieurs partis, comparativement au scrutin de 2021.

Les leaders du parti, qui veulent une réunion du Conseil national, unique organe susceptible d’offrir un espace de débat sur le bilan de ce scrutin, de définir la prochaine orientation politique du PI et de décider de la conduite à tenir, rappellent que le choix de faire ou non partie du prochain gouvernement reste l’option la plus souhaitable par les militants. Cette demande intervient alors que la direction du parti n’a pas encore statué définitivement sur sa participation au prochain gouvernement.

Peu après l’annonce des résultats, le secrétaire général, Nizar Baraka, a déclaré que le PI était fier de son bilan, tout en se disant prêt à poursuivre le travail entamé et à servir l’électorat, sans toutefois se prononcer sur la position du parti pour la prochaine mandature.

Dans les calculs de stratèges pour la formation du prochain gouvernement, la position du PI s’impose d’elle-même dans les calculs liés à la formation du gouvernement, après son obtention de 65 sièges à la Chambre des représentants. Les résultats des élections classent le PI parmi les principaux partis à même de prendre part à ces concertations, alors que la formule définitive de la composition de la prochaine majorité gouvernementale n’est pas encore clairement définie.

Mais, dans le parti, les débats ne se résument pas à cette question: faut-il, ou non, participer au prochain gouvernement? Les militants, comme les leaders du PI débattent en ce moment de la nécessité même de s’engager dans la formation d’une coalition, écrit Al Akhbar. Tout en réclamant une réunion du Conseil national, ils souhaitent que des débats se déroulent aussi dans d’autres instances de ce parti, d’autant que les résultats des élections imposent, de leur avis, une évaluation de la précédente, et la détermination des prochaines priorités politiques. Le PI se retrouve donc devant une situation délicate: sa direction trouve que le résultat du scrutin est positif, alors que dans le parti, les militants veulent l’instauration d’un débat institutionnel sur le sens à donner à ce résultat et sur ce qu’il convient d’en faire, politiquement.

Par Hassan Benadad
Le 28/09/2026 à 18h27