Argent, violences, religion: le CNDH dresse le bilan des élections

La présidente du CNDH, Amina Bouayach.

Revue de presseLe Conseil national des droits de l’homme a présenté, jeudi dernier, son rapport préliminaire sur les élections du 23 septembre. Le tableau dressé par ses observateurs interpelle. Si les cas de violence généralisée n’ont pas été relevés, des incidents sérieux ont été documentés à Akhfenir, Laâyoune ou Casablanca. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Al Akhbar.

Le 25/09/2026 à 20h55

Le Conseil national des droits de l’homme (CNDH) a relevé, durant les élections législatives du 23 septembre, plusieurs phénomènes ayant attiré l’attention de ses observateurs: instrumentalisation de la religion et des symboles religieux dans les campagnes électorales, implication d’enfants dans des cortèges électoraux, tensions et violences, utilisation de feux d’artifice et de tirs de projectiles et publicité électorale numérique mobilisant des sommes considérables.

Le rapport préliminaire du CNDH, présenté jeudi dernier, révèle que l’utilisation de la religion dans la campagne électorale a pris de multiples formes, allant parfois jusqu’à qualifier la concurrence politique devant les électeurs de confrontation entre les mécréants et les musulmans. Le rapport recense 44 cas d’instrumentalisation manifeste des symboles religieux, auxquels s’ajoutent six cas d’activités électorales menées dans des lieux de culte, rapporte Al Akhbar de ce week-end (26 et 27 septembre).

L’observation ne s’est pas limitée au travail de terrain, puisque la cellule de veille numérique a relevé plus de 2.030 contenus liés à l’utilisation de la religion dans le discours électoral. Certaines vidéos et publications accusent des partis politiques d’être «contre l’islam» ou de «combattre l’islam»; plusieurs émanent d’adhérents ou de candidats eux-mêmes engagés dans les campagnes électorales.

D’autres contenus lient le vote en faveur de certains partis à l’idée de «la reddition de comptes devant Dieu». Le rapport évoque également la distribution d’argent à l’intérieur des mosquées, l’utilisation de leurs haut-parleurs pour appeler à un meeting électoral, la photographie de candidats dans des zaouïas, ainsi que des publications appelant à voter pour un parti au motif qu’il serait «moins préjudiciable à la religion».

Par ailleurs, le rapport a relevé l’existence d’appels au boycott des élections, dont celui d’Al Adl Wal Ihsane (Justice et Bienfaisance) et d’Annahj Addimocrati (La Voie Démocratique Travailliste). D’autres appels similaires sont attribués au «Conseil national sahraoui», au groupe des détenus de Gdim Izik et à une plateforme électronique liée à des activistes du Polisario, diffusés sous forme d’enregistrements audio par des militants sahraouis résidant pour certains en Espagne, pour d’autres dans les provinces du sud du royaume.

Le CNDH a indiqué que les données dont il dispose ne font pas état de violences généralisées durant la campagne électorale, mais recensent des cas de tension, de tiraillements et d’affrontements dans plusieurs régions, dont Drâa-Tafilalet et Fès-Meknès, écrit Al Akhbar. En revanche, le rapport fait état de cas plus sérieux, notamment l’observation de coups de feu à Akhfenir, l’utilisation de feux d’artifice dans la région de Laâyoune-Sakia El Hamra, ainsi que des violences verbales et des tentatives d’agression entre collaborateurs de candidats dans des quartiers populaires de Casablanca.

Par Hassan Benadad
Le 25/09/2026 à 20h55