Adoptée par l’instance suprême de l’UA, la Déclaration de Tanger débattue entre Mohamed Arrouchi et Monique Nsanzabaganwa

Lors de la rencontre entre l’ambassadeur, représentant permanent du Maroc auprès de l’Union africaine et la CEA-ONU, Mohamed Arrouchi, et la vice-présidente de la Commission de l'UA, Monique Nsanzabaganwa, jeudi 20 avril 2023 à Addis-Abeba.

L’ambassadeur représentant permanent du Maroc à l’Union africaine, Mohamed Arrouchi, s’est entretenu, ce jeudi 20 avril à Addis-Abeba, avec la vice-présidente de la Commission de l’Union Africaine (CUA), Monique Nsanzabaganwa. Au cœur de cet échange: la Déclaration de Tanger, désormais adoptée par le Sommet des chefs d’État et de gouvernement de l’organisation panafricaine, malgré les multiples manœuvres algériennes pour faire barrage.

Le 20/04/2023 à 15h11

La junte algérienne et ses relais au sein des instances de l’Union africaine (UA) auront beau s’agiter, mais en vain. Leurs tentatives pour bloquer l’adoption de la Déclaration de Tanger par l’instance suprême de l’organisation panafricaine a piteusement échoué. La Déclaration de Tanger, soit la Déclaration de la Conférence politique de l’UA sur la promotion du lien entre la paix, la sécurité et le développement en Afrique, adoptée en octobre 2022, a été approuvée par le Sommet des chefs d’État et de gouvernement de l’UA.

L’annonce en a été faite hier mercredi à Addis-Abeba et la question a été, entre autres sujets d’actualité, au centre de l’entretien qu’a eu, ce jeudi 20 avril, l’ambassadeur représentant permanent du Maroc à l’UA, Mohamed Arrouchi, et la vice-présidente de la Commission de l’Union africaine (CUA), Monique Nsanzabaganwa.

La Déclaration de Tanger consacre notamment une nouvelle approche multidimensionnelle qui prend en considération l’importance de la relation entre la paix, la sécurité et le développement dans les stratégies et programmes d’instauration de la paix et de la sécurité et de lutte contre le terrorisme et l’extrémisme sur le continent africain. Son approbation par l’instance suprême de l’UA est un nouveau camouflet pour le régime d’Alger, qui n’a eu de cesse de vouloir en torpiller l’adoption. Ceci, après que le Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’UA a, à l’unanimité, fait siennes ses dispositions et décidé de la soumettre pour examen et adoption par le Sommet précité.

On s’en souvient, lors de l’adoption du rapport annuel du CPS de l’UA, le 19 février dernier à Addis-Abeba, le Maroc s’est doublement distingué. La première victoire est que le dossier du Sahara atlantique, dans tous ses aspects, n’est pas cité une seule fois dans le rapport. Une confirmation de plus que cette question relève désormais de la compétence exclusive des Nations unies, alors que la junte algérienne déploie des efforts colossaux pour l’imposer dans l’agenda de l’UA. La seconde victoire est la recommandation figurant dans ce même rapport en vue de l’adoption par l’UA de la Déclaration de Tanger.

La diplomatie algérienne, portée alors par un certain Ramtane Lamamra, passé depuis aux oubliettes, a beau protester ce jour-là et manœuvrer pour dévoyer tant le rapport que l’adoption de la Déclaration, la délégation marocaine a tenu bon.

La cuisante défaite et l’humiliation subies par la délégation algérienne, la junte a tenté de la laver… à coups de mensonges et en nourrissant sciemment une grande confusion entre la Déclaration de Tanger, une émanation de l’UA, et l’Appel de Tanger, soit l’initiative prise par plusieurs anciens Premiers ministres et ex-ministres des Affaires étrangères de pays africains, réunis à Tanger dans le cadre des 14èmes MEDays, et qui ont appelé, le 4 novembre 2022, à l’exclusion de l’UA de la fantomatique RASD.

Relayée par des médias algériens acquis à la junte, l’agence d’«information» du Polisario nous apprenait le 19 février que «l’Appel de Tanger» a été rejeté par l’UA, alors qu’il n’en a pas été question et qu’il s’agissait de la Déclaration de Tanger, dorénavant actée et approuvée. Il est néanmoins légitime de se demander quel autre mensonge la junte est capable de sortir de son chapeau pour justifier, ou faire oublier, ce nouveau revers.

Par Tarik Qattab
Le 20/04/2023 à 15h11