Midterms: Donald Trump vote en avance et se met en première ligne pour conserver la majorité républicaine

Le président Donald Trump et la Première dame Melania Trump se sont adressés aux journalistes samedi dans leur bureau de vote en Floride après avoir voté par anticipation aux élections de mi-mandat. (PHOTO: AP)

Donald Trump a voté samedi par anticipation en Floride pour les élections de mi-mandat, avant de reprendre immédiatement la route de la campagne. À dix jours d’un scrutin décisif pour la suite de son second mandat, le président américain entend mobiliser personnellement l’électorat républicain et tenter de déjouer une tradition politique généralement défavorable au parti qui occupe la Maison Blanche.

Le 25/10/2026 à 08h02

Accompagné de la Première dame Melania Trump, le président s’est rendu dans un bureau de vote de West Palm Beach, près de sa résidence de Mar-a-Lago. Arborant un autocollant «I Voted», il a indiqué avoir voté pour les candidats républicains figurant sur son bulletin. Interrogé pour savoir s’il avait suivi la ligne de son parti, il a répondu: «Tout à fait.»

Cette séquence électorale s’inscrit dans une intense campagne menée par Donald Trump ces dernières semaines. Quelques heures après avoir voté, il devait rejoindre la Géorgie pour soutenir les candidats républicains dans l’un des États où plusieurs scrutins sont particulièrement disputés. Le président multiplie ainsi les déplacements et demande à ses électeurs de se mobiliser comme si son propre nom figurait sur le bulletin.

«Il n’y a jamais eu de président qui ait fait campagne comme moi. J’ai fait campagne très, très dur», a-t-il déclaré samedi, affichant sa conviction que cette implication personnelle peut permettre aux républicains de résister à l’usure traditionnellement subie par le parti présidentiel lors des élections de mi-mandat.

Trump attaque les démocrates sur la corruption

À la sortie du bureau de vote, Donald Trump a également cherché à retourner contre ses adversaires l’un des thèmes qui pèsent sur cette fin de campagne: la corruption.

Interrogé par les journalistes sur l’importance de cette question pour les électeurs, il a assuré que les républicains étaient «droits dans leurs bottes».

«Mais vous devriez regarder du côté de la vraie corruption. C’est la corruption démocrate», a-t-il ajouté, accusant ses adversaires de détourner l’attention de dossiers qu’il estime compromettants pour eux.

Le président a également repris ses critiques sur le fonctionnement du système électoral américain, affirmant notamment que des bulletins invalides existeraient à Los Angeles. Il n’a pas présenté, lors de cet échange, d’éléments permettant d’étayer cette accusation.

Donald Trump continue par ailleurs de contester le scrutin présidentiel de 2020. Les accusations de fraude massive qu’il avait formulées à l’époque n’avaient pas été confirmées par les autorités électorales, les audits réalisés dans plusieurs États ni les multiples procédures judiciaires engagées après l’élection.

Cette question reste néanmoins au cœur de son discours politique. À l’approche des midterms, il insiste notamment sur la vérification des listes électorales, l’identification des électeurs et les conditions du vote par correspondance.

Une bataille décisive pour le Congrès

La difficulté pour le président réside dans l’environnement électoral national. Plusieurs agrégateurs de sondages accordent actuellement aux démocrates une avance d’environ huit à neuf points dans les intentions de vote génériques pour la Chambre des représentants. Ces enquêtes donnent une photographie nationale du rapport de force, sans permettre à elles seules de prévoir l’issue des nombreux scrutins locaux.

Donald Trump a donc fait le choix d’une stratégie offensive: multiplier les rassemblements, soutenir directement les candidats républicains dans les États décisifs et encourager ses électeurs à voter par anticipation plutôt que d’attendre le 3 novembre.

L’enjeu dépasse largement une simple consultation de mi-mandat. Une perte de la majorité républicaine dans une ou deux chambres du Congrès compliquerait considérablement l’adoption du programme législatif du président pendant les deux dernières années de son mandat.

Une Chambre des représentants contrôlée par les démocrates pourrait également lancer de nouvelles enquêtes parlementaires. Plusieurs élus démocrates ont déjà indiqué vouloir examiner les activités commerciales de Donald Trump et de ses proches depuis son retour à la Maison Blanche.

C’est précisément ce scénario que le président cherche désormais à éviter en transformant les derniers jours de campagne en démonstration de mobilisation personnelle. Après la Floride et la Géorgie, d’autres déplacements sont programmés dans des États clés. Donald Trump veut ainsi convaincre les électeurs républicains que, même si son nom ne figure pas cette fois sur le bulletin, le sort de la deuxième moitié de son mandat se joue bien le 3 novembre.

Par Le360 (avec Agences)
Le 25/10/2026 à 08h02