«Nous prévoyons que le retrait se termine dans les six à douze prochains mois», a estimé le porte-parole du ministère américaine de la Défense, Sean Parnell, dans un communiqué. Plus de 36.000 soldats américains sont positionnés en Allemagne, selon un décompte officiel arrêté fin 2025.
— Pete Hegseth (@PeteHegseth) April 29, 2026
Cette annonce intervient après que le président Donald Trump a envisagé plus tôt dans la semaine une réduction des forces armées américaines stationnées en Allemagne, pays allié membre de l’Otan, après des propos du chancelier Friedrich Merz, qui ont suscité sa colère.
Le dirigeant allemand a estimé lundi que «les Américains (n’avaient) visiblement aucune stratégie» en Iran et que Téhéran «humiliait» la première puissance mondiale.
«Il pense que c’est OK que l’Iran se dote de l’arme nucléaire. Il ne sait pas de quoi il parle!», avait rétorqué Donald Trump mardi.
Le lendemain, le président américain avait écrit que Washington était «en train d’étudier et examiner la possible réduction» de la présence militaire américaine en Allemagne. «Une décision sera prise très prochainement», avait-il promis.
Des parlementaires démocrates ont rapidement dénoncé vendredi la concrétisation de cette menace.
«Nous devrions faire bloc aux côtés de nos alliés, pas saboter les intérêts de sécurité des uns et des autres pour de mesquines rancœurs», a dénoncé dans un communiqué la sénatrice Jeanne Shaheen. Son collègue Jack Reed a appelé Donald Trump à revenir sur cette décision, une «grave erreur» selon lui.
«Réduire notre présence militaire en Europe au moment où les forces russes continuent d’attaquer l’Ukraine sans pitié et de harceler nos alliés de l’Otan est un cadeau inestimable pour Vladimir Poutine et laisse entendre que les engagements américains envers nos alliés dépendent de l’humeur du président», a ajouté le sénateur démocrate.
Americans are paying the price of a war they never wanted and have gained nothing from. After 60 days of war, the Strait of Hormuz remains closed, gas prices are sky high, & our military has suffered significant costs. Pres. Trump owes the American people answers & a plan.
— Senator Jack Reed (@SenJackReed) April 30, 2026
Droits de douane
Vendredi, Donald Trump s’en est aussi indirectement pris à l’Allemagne et ses importantes exportations d’automobiles en annonçant vouloir relever à 25% «la semaine prochaine» les droits de douane sur les véhicules importés aux Etats-Unis depuis l’Union européenne.
Donald Trump en veut en particulier aux alliés européens des Etats-Unis de rechigner à contribuer logistiquement ou militairement à l’offensive israélo-américaine contre l’Iran ou à la sécurisation du stratégique détroit d’Ormuz, pratiquement verrouillé par Téhéran.
Plus largement, au fil de ses deux mandats, le président républicain a multiplié les critiques contre les pays européens pour ce qu’il considère comme un manque d’engagement dans leur propre défense, et l’Otan, qu’il accuse de dépendre excessivement de la protection militaire américaine. Il agite régulièrement la menace d’un désengagement des Etats-Unis.
Outre l’Allemagne, Donald Trump a déclaré jeudi envisager également une réduction des forces américaines en Italie et en Espagne, toujours sur fond de guerre en Iran.
«Probablement, je le ferai sans doute. Pourquoi ne devrais-je pas?», a-t-il répondu dans le Bureau ovale, interrogé sur cette possibilité. «L’Italie n’a été d’aucune aide et l’Espagne a été odieuse, absolument odieuse», a-t-il estimé.
Fin 2025, l’Italie comptait 12.662 soldats américains en service actif et l’Espagne 3.814, selon un décompte officiel.
L’Union européenne a souligné jeudi que la présence de troupes américaines en Europe «ser(vai)t également les intérêts des Etats-Unis dans le cadre de leur action à l’échelle mondiale».




