Houthis: l’Arabie saoudite dément l’attaque de la milice contre un site d’Aramco à Ryad

Les Houthis se sont emparés en 2014 et 2015 de vastes régions du Yémen, provoquant l'intervention d'une coalition arabe sous commandement saoudien.

Les Houthis se sont emparés en 2014 et 2015 de vastes régions du Yémen, provoquant l'intervention d'une coalition arabe sous commandement saoudien. DR (photo archives)

Les hostilités se poursuivent entre la milice chiite et l’Arabie saoudite. Ryad dément les frappes de la milice contre l’un des sites stratégiques d’Aramco. L’armée régulière yéménite affirme avoir mené des bombardements contre la milice à Sanaa.

Le 04/10/2026 à 08h07

L’armée régulière du Yémen a annoncé dimanche avoir bombardé la capitale Sanaa, tenue par les Houthis pro-iraniens, lesquels ont affirmé avoir attaqué a veille un site du géant pétrolier Aramco à Ryad, d’où des flammes se sont élevées selon un journaliste de l’AFP.

Les hostilités entre les Houthis d’une part et l’Arabie saoudite et le gouvernement yéménite internationalement reconnu d’autre part ne connaissent pas de répit depuis leur reprise en juillet, qui a ouvert un nouveau front dans la guerre au Moyen-Orient.

Les revendications des Houthis du Yémen, qui affirment avoir visé Ryad samedi, sont «trompeuses», a déclaré le porte-parole de la coalition dirigée par l’Arabie saoudite, le général Turki al-Malki, au quotidien saoudien Asharq Al-Awsat.

Les Houthis sont à la «recherche de victoires imaginaires», a déclaré tard samedi le général Malki au quotidien basé à Londres, affirmant que le mouvement pro-iranien était en difficulté à Taëz, troisième ville la plus peuplée du Yémen, majoritairement aux mains du gouvernement dans le sud-ouest du pays.

Les autorités saoudiennes n’ont pas communiqué sur l’incendie.

Les Houthis avaient déjà affirmé à deux reprises avoir ciblé des installations du groupe pétrolier saoudien: le mois dernier dans la ville portuaire de Yanbu, principal terminal pétrolier du royaume, et en août dans le sud du royaume.

Ils mènent régulièrement des frappes contre l’Arabie saoudite, qui dirige une coalition militaire soutenant le gouvernement yéménite, et contre la flotte du royaume, premier exportateur mondial de brut.

Le mouvement houthi a infligé en septembre d’importants revers aux forces gouvernementales yéménites et à leur allié saoudien, renforçant son emprise sur le stratégique détroit de Bab el-Mandeb au terme d’une offensive éclair.

La chaîne Almasirah, affiliée aux Houthis, avait auparavant indiqué que des «avions ennemis» avaient mené 26 frappes dans la journée sur Sanaa -ciblée pour la première fois depuis des années jeudi, selon les Houthis-, sans fournir de détails sur d’éventuelles victimes.

L’armée régulière yéménite a par la suite revendiqué sur X «des frappes dévastatrices contre des cibles vitales de la milice terroriste houthie à Sanaa et Saada».

Le porte-parole de l’armée, le colonel Majid al-Nuzaili, a écrit sur son compte X que ses forces avaient par ailleurs mené «97 opérations précisément ciblées» mobilisant l’aviation, des drones, l’artillerie, des missiles et des tireurs d’élite contre les Houthis dans les zones de Tur al-Bahah et Taëz (sud-ouest).

A Sanaa, un correspondant de l’AFP a entendu au moins cinq explosions dans différents secteurs, tandis qu’un autre a vu deux avions de combat lancer des missiles.

Almasirah avait aussi fait état plus tôt d’attaques saoudiennes de missiles contre « le réseau de télécommunications dans la région de Saada », fief des Houthis dans le nord du Yémen.

Une crise de la faim «dévastatrice»

Les combats au Yémen se sont intensifiés en septembre, avec une offensive éclair des Houthis. Les combattants pro-iraniens se sont emparés du littoral sur la mer Rouge, renforçant leur emprise sur le détroit de Bab el-Mandeb, après avoir décrété un blocus de la flotte saoudienne.

Ce détroit a gagné en importance depuis que la navigation sur le détroit d’Ormuz, passage stratégique pour le commerce mondial des hydrocarbures de l’autre côté de la péninsule arabique, connaît de fortes restrictions imposées par l’Iran fin février après le déclenchement de la guerre par des frappes israélo-américaines.

La dernière offensive terrestre menée par les Houthis a fait des centaines de morts et aggrave la crise humanitaire que traverse le pays.

La crise de la faim au Yémen, pays le plus pauvre de la péninsule arabique, menace de devenir «absolument dévastatrice», a averti vendredi le Programme alimentaire mondial (PAM) de l’ONU.

Alors que les tractations diplomatiques pour un règlement du conflit régional marquent le pas, le site d’information américain Axios, citant trois responsables américains, a fait état d’une réunion vendredi à Camp David des principaux membres du cabinet de Donald Trump pour discuter des prochaines étapes envers l’Iran et la situation au Yémen.

Les appels de Ryad à une aide internationale, notamment de la part de son allié américain, ont pour l’instant été infructueux.

Par Le360 (avec AFP)
Le 04/10/2026 à 08h07