Hantavirus: deux passagers du Hondius testés positifs, ultimes évacuations prévues lundi

Des passagers turcs du MV Hondius, navire de croisière battant pavillon néerlandais et touché par le hantavirus, discutent avec le personnel en combinaison de protection lors de leur débarquement au port industriel de Granadilla de Abona, sur l'île de Tenerife, dans l'archipel espagnol des Canaries, le 10 mai 2026. AFP or licensors

Deux passagers du MV Hondius, au cœur d’une alerte sanitaire au hantavirus, ont été testés positifs, alors que les ultimes évacuations du navire doivent se poursuivre lundi depuis l’archipel espagnol des Canaries.

Le 11/05/2026 à 07h28

Parmi les croisiéristes déjà évacués, un Américain et une Française ont été testés positifs à l’hantavirus, contre lequel n’existe aucun vaccin ni traitement et qui peut provoquer un syndrome respiratoire aigu.

Un deuxième passager américain présente des «symptômes légers», a également annoncé lundi le ministère américain de la Santé.

Sur les cinq Français rapatriés et placés à l’isolement à Paris, l’état de santé d’une femme s’est «malheureusement dégradé cette nuit» et les «tests sont revenus positifs», a affirmé la ministre de la Santé française Stéphanie Rist, faisant également état de 22 cas contacts identifiés en France.

La crise à bord du MV Hondius, qui doit repartir pour les Pays-Bas lundi, a suscité l’inquiétude, ravivant les souvenirs de la pandémie de Covid, même si à ce stade l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) ne recense que six cas confirmés d’hantavirus parmi huit cas suspects, comprenant trois personnes décédées de ce virus connu mais rare.

Lundi matin, aucune évacuation ne sera réalisée en raison du ravitaillement en carburant du bateau avant son trajet de plusieurs jours vers les Pays-Bas, selon la Protection civile espagnole et les autorités portuaires.

Le débarquement ne reprendra que dans l’après-midi et se terminera avec un ultime vol en direction de l’Australie. Le Hondius, battant pavillon néerlandais, quittera ensuite le port de Granadilla, sur l’île de Tenerife, et reprendra sa route dans l’Océan Atlantique vers 19h (18h GMT), d’après les autorités espagnoles.

Quelque 94 passagers et membres d’équipage de 19 nationalités ont déjà été évacués dimanche.

Opération «complexe»

Les Espagnols ont quitté en premier le navire, sous étroite surveillance, vêtus de combinaisons de protection individuelle jetables et de masques FPP2, suivis de peu par les Français et des occupants d’autres nationalités.

Au total, plus d’une centaine de personnes de 23 nationalités doivent être évacuées en moins de 48 heures dans cette opération qualifiée de «complexe» et «inédite» par Madrid, en plus des trois personnes déjà débarquées il y a quelques jours au Cap-Vert.

Considérés comme des «contacts à haut risque» par l’OMS, ils devront tous faire l’objet d’une surveillance pendant plusieurs semaines, l’organisation basée à Genève «recommandant (une quarantaine) de 42 jours» pour éviter une éventuelle propagation du virus.

L’ensemble des 14 Espagnols évacués, tous asymptomatiques, ont déjà été mis à l’isolement à l’hôpital militaire Gómez Ulla, dans le sud-ouest de Madrid.

Protocole américain différent

Les passagers américains évacués doivent eux être acheminés dans un centre spécialisé d’Omaha, dans le centre des États-Unis. À son arrivée, «chaque personne fera l’objet d’une évaluation clinique et bénéficiera de soins et d’un accompagnement adaptés à son état», a indiqué lundi le ministère américain de la Santé.

Un haut responsable sanitaire avait précédemment affirmé que les passagers américains évacués ne seront pas nécessairement placés en quarantaine, même s’ils resteront sous surveillance pendant plusieurs semaines, soit le même «protocole que lors d’une épidémie de 2018 de cette souche exacte du hantavirus», contenue avec succès.

Interrogé sur cette différence par rapport aux autres pays concernés, le patron de l’OMS a estimé que cela «(pouvait) présenter des risques».

Souche rare

Dimanche, quelques heures après l’arrivée du MV Hondius au port de Granadilla, avait débuté le ballet des passagers et membres d’équipage pour quitter le navire et les Canaries.

Le protocole d’évacuation, très strict et supervisé sur place par le patron de l’OMS, était le même pour tous: les occupants ont tour à tour pris place à l’arrière d’un zodiac pour regagner la terre ferme, où un car de l’armée espagnole les attendait pour les emmener jusqu’à l’aéroport de Tenerife-Sud, à une dizaine de minutes de route.

Sur le tarmac, l’AFP a vu les évacués descendre du bus, changer de combinaisons, avant de monter dans les avions qui les attendaient.

Des vols de rapatriement sont arrivés aux Pays-Bas, au Royaume-Uni et d’autres sont partis en direction de l’Irlande, du Canada, de la Turquie.

La variante du virus détectée à bord du Hondius, l’hantavirus Andes, est une souche rare qui peut se transmettre d’homme à homme avec un délai d’incubation pouvant aller jusqu’à six semaines.

L’hantavirus se transmet généralement à partir de rongeurs infectés, le plus souvent par l’intermédiaire de leur urine, de leurs excréments et de leur salive.

Face à cette crise sanitaire inattendue, les autorités régionales des Canaries avaient affiché leur opposition à l’accostage sur l’archipel du MV Hondius, parti le 1er avril d’Ushuaïa en Argentine, des habitants exprimant également leurs craintes.

L’OMS martèle de son côté que la situation actuelle n’est pas comparable à celle du début de l’épidémie mondiale de Covid-19 en 2020.

Par Le360 (avec AFP)
Le 11/05/2026 à 07h28