Hantavirus: points clés sur l’épidémiologie, la transmission interhumaine et la situation au Maroc

Le directeur général de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, à une conférence de presse virtuelle à Genève, le 7 mai 2026, à propos d'un foyer de hantavirus détecté au cours d'une croisière. (capture d'écran AFP TV.). AFP or licensors

Revue de pressePeu connu du grand public, le hantavirus circule silencieusement sur plusieurs continents. Transmis par l’urine, les selles ou la salive de rongeurs infectés, il peut provoquer de graves détresses respiratoires. Une souche sud-américaine, appelée Andes, a même la capacité rare de passer d’un humain à l’autre. Au Maroc, le risque reste très faible, mais les autorités sanitaires appellent à ne pas baisser la garde, notamment après un voyage en zone à risque. Cet article est une revue de presse tirée d’Al Ahdath Al Maghribia.

Le 10/05/2026 à 17h53

À travers le monde, les hantavirus se déclinent en souches distinctes selon les régions. En Amérique du Nord, le virus Sin Nombre constitue la variante prédominante, tandis que le virus Andes, spécifique à l’Argentine et au Chili, présente une particularité redoutable: sa transmission interhumaine, via les liquides biologiques ou un contact étroit.

Chez l’humain, la contamination survient principalement par exposition à l’urine, aux selles ou à la salive de rongeurs infectés, indique Al Ahdath Al Maghribia de ce lundi 11 mai. L’état infectieux peut évoluer rapidement et perdurer plusieurs jours, voire des semaines, sachant que la durée de guérison varie selon la sévérité de l’atteinte. À ce jour, aucun traitement spécifique ni vaccin n’est autorisé contre le hantavirus. La prise en charge repose essentiellement sur des soins de soutien, une surveillance clinique rapprochée, l’oxygénothérapie et la gestion des complications pulmonaires et rénales.

Si la plupart des personnes infectées ne contaminent pas leur entourage, le virus Andes fait exception en se transmettant d’humain à humain par les fluides corporels ou une proximité soutenue. Pour autant, le hantavirus n’est pas considéré comme un virus aérien au sens classique. Les symptômes précoces, souvent légers, peuvent ressembler à ceux d’autres infections virales: fièvre, nausées, diarrhée, courbatures. Avec l’évolution, le tableau clinique s’aggrave, marqué par des difficultés respiratoires et une toux dont l’intensité peut croître rapidement.

Face à ce risque, le ministère de la Santé insiste sur la nécessité d’une détection précoce, d’une enquête épidémiologique rigoureuse, d’une gestion adaptée des cas, d’une surveillance des infections et d’une sensibilisation soutenue des professionnels de la santé. Parallèlement, la lutte contre les rongeurs et la réduction de l’exposition humaine à leurs déjections demeurent des piliers de la prévention. Une attention particulière doit être portée aux signes d’infection respiratoire aiguë, surtout lorsqu’ils s’accompagnent de fièvre, de troubles digestifs et respiratoires, ou qu’ils surviennent à la suite d’un voyage récent ou d’une exposition potentielle aux rongeurs.

Au Maroc, l’évaluation du risque potentiel, telle que relayée dans le bulletin d’alerte du ministère de la Santé, est jugée «faible à très faible», indique Al Ahdath Al Maghribia. L’infection y demeure rare, et sa transmission est essentiellement liée à l’exposition environnementale aux rongeurs, voire, dans une moindre mesure, à un transfert interhumain prolongé. Néanmoins, la baisse du niveau de risque ne saurait justifier un relâchement de la vigilance. Elle exige au contraire le maintien d’une surveillance sanitaire soutenue, en particulier chez les personnes revenant de régions associées à cet événement ou ayant été en contact avec des cas suspects.

Par Hassan Benadad
Le 10/05/2026 à 17h53