Des centaines de lycées toujours perturbés, avant un «acte III» mardi

Une lycéene, enveloppée dans un drapeau français, brandit une pancarte sur laquelle est inscrit «Vous avez créé cette génération, assumez-la», lors d'un rassemblement organisé dans le cadre d'un mouvement de contestation nationale concernant les conditions scolaires, à Saint-Denis (au nord de Paris), le 4 octobre 2026. (Photo de Kenzo TRIBOUILLARD / AFP). AFP or licensors

Le début d’une «semaine noire»? Des centaines de lycées vont à nouveau fermer au moins partiellement lundi, à la veille d’une nouvelle journée de mobilisation, que des syndicats appelant à rejoindre, et alors que fleurissent sur les réseaux sociaux des appels à un blocage dur.

Le 05/10/2026 à 08h30

Sur les 3.700 lycées du pays, les cours seront «totalement ou partiellement» suspendus lundi dans 400 à 500 établissements où les conditions de sécurité ne sont «pas réunies», a indiqué dimanche le ministre de l’Éducation Edouard Geffray.

En Ile-de-France, plus d’un tiers des lycées seront fermés lundi, soit plus de 160 établissements, selon la présidente LR de la région, Valérie Pécresse.

Les étudiants réclament plus de moyens pour leurs établissements. Ils dénoncent l’insalubrité des bâtiments, des classes surchargées, ou des absences non remplacées, particulièrement dans les quartiers populaires, ou encore les inégalités créées par Parcoursup.

Parti mi-septembre en région parisienne, le mouvement s’est étendu et enflammé la semaine dernière, marqué par une multiplication d’incidents et d’affrontements avec les forces de l’ordre.

L’exécutif recense 5.000 interpellations, dont environ 85% de mineurs, 24 établissements «incendiés ou saccagés» et «78 personnels de l’Education nationale blessés», «généralement par des personnes extérieures» aux lycées concernés, selon M. Geffray.

L’Union syndicale lycéenne a promis un «acte III» mardi, redouté par Matignon, qui estime que le mouvement a basculé vers des «violences urbaines».

Plusieurs syndicats et des associations, comme la Ligue des droits de l’Homme, accusent le gouvernement de «réprimer» les lycéens avec une brutalité «disproportionnée», pour faire taire des revendications «légitimes».

«Cinq chantiers» pour l’exécutif

Une vaste intersyndicale de l’Éducation nationale a appelé à participer aux mobilisations de mardi. La CGT a elle promis d’être «aux côtés» des lycéens, pour notamment «sécuriser» les manifestations, et a appelé les salariés de l’énergie, en grève, à les rejoindre.

Par la voix de son coordinateur Manuel Bompard, la France insoumise, accusée par l’exécutif d’avoir soufflé sur les braises, a dit dimanche «déplorer» les violences, mais regretté que l’exécutif «reprenne» le mouvement à ces débordements.

«Si on est plus nombreux encore», que «tous les adultes descendants pour faire la solidarité avec les lycéens, la mobilisation se passerait mieux et peut-être que nous aurons aussi une meilleure prise en considération» de cette mobilisation, «qui est digne», a dit le maire LFI de Saint-Denis Bally Bagayoko, lors d’un rassemblement organisé dans sa ville.

Le candidat communiste à la présidentielle Fabien Roussel a lui aussi appelé dimanche enseignants, salariés et militants à soutenir les lycéens pour que «les revendications émergent plutôt que la violence».

Sur les réseaux sociaux ont par ailleurs fleuri des appels à une «semaine noire», avec des blocages quotidiens. «Les lycéens ne vont rien lâcher, les étudiants encore plus (...) ça va vraiment être une semaine noire: blocus, blocus, blocus, blocus», a assuré dimanche, dans le rassemblement à Saint-Denis, une étudiante mobilisée, Leila Nehari.

Comme ces derniers jours, les rassemblements seront en théorie interdits lundi aux abords de nombreux établissements scolaires. À Nancy, les manifestations seront par exemple interdites dans l’ensemble du centre-ville de lundi à 06H00 jusqu’à mercredi 07H00, selon la préfecture.

Dans une feuille de route envoyée dimanche soir à ses ministres, le Premier ministre Sébastien Lecornu exige que les cours reprennent «partout» où c’est possible, fixant un calendrier pour répondre en partie aux revendications.

Il confie à ses ministres cinq chantiers, issus des sujets remontés par les conseils académiques de la vie lycéenne, avec «de premières décisions attendues avant la fin du mois».

Par Le360 (avec AFP)
Le 05/10/2026 à 08h30