Sur les 3.700 lycées du pays, les cours seront «totalement ou partiellement» suspendus lundi dans 400 à 500 établissements où les conditions de sécurité ne sont «pas réunies», a indiqué dimanche le ministre de l’Éducation Edouard Geffray.
Lundi 5 octobre, entre 400 et 500 établissements seront concernés par des suspensions totales ou partielles de cours. Édouard Geffray, ministre de l'Éducation nationale, est l'invité de @Ben_Duhamel dans "Franc-jeu" avec Manuel Bompard ➡️ https://t.co/urKdluLZWG https://t.co/iN5vqn3cE1
— France Inter (@franceinter) October 4, 2026
En Ile-de-France, plus d’un tiers des lycées seront fermés lundi, soit plus de 160 établissements, selon la présidente LR de la région, Valérie Pécresse.
Les étudiants réclament plus de moyens pour leurs établissements. Ils dénoncent l’insalubrité des bâtiments, des classes surchargées, ou des absences non remplacées, particulièrement dans les quartiers populaires, ou encore les inégalités créées par Parcoursup.
Parti mi-septembre en région parisienne, le mouvement s’est étendu et enflammé la semaine dernière, marqué par une multiplication d’incidents et d’affrontements avec les forces de l’ordre.
L’exécutif recense 5.000 interpellations, dont environ 85% de mineurs, 24 établissements «incendiés ou saccagés» et «78 personnels de l’Education nationale blessés», «généralement par des personnes extérieures» aux lycées concernés, selon M. Geffray.
L’Union syndicale lycéenne a promis un «acte III» mardi, redouté par Matignon, qui estime que le mouvement a basculé vers des «violences urbaines».
Demonizing the French students’ blockades, by pointing out their violence or calling them weaponized by LFI doesn’t work anymore. Repression rather than real political discussion is responsible for the violence. Now, teachers’ and workers’ unions are joining the protests for the « Acte III » on Tuesday. The social movement, a few years before the presidential election, is showing an active behavior to win on its demands. Macron’s only solution is now to let it win. On @SkyNews yesterday.
— Manès Nadel (@ManesNadel) October 3, 2026
Plusieurs syndicats et des associations, comme la Ligue des droits de l’Homme, accusent le gouvernement de «réprimer» les lycéens avec une brutalité «disproportionnée», pour faire taire des revendications «légitimes».
«Cinq chantiers» pour l’exécutif
Une vaste intersyndicale de l’Éducation nationale a appelé à participer aux mobilisations de mardi. La CGT a elle promis d’être «aux côtés» des lycéens, pour notamment «sécuriser» les manifestations, et a appelé les salariés de l’énergie, en grève, à les rejoindre.
Par la voix de son coordinateur Manuel Bompard, la France insoumise, accusée par l’exécutif d’avoir soufflé sur les braises, a dit dimanche «déplorer» les violences, mais regretté que l’exécutif «reprenne» le mouvement à ces débordements.
«Si on est plus nombreux encore», que «tous les adultes descendants pour faire la solidarité avec les lycéens, la mobilisation se passerait mieux et peut-être que nous aurons aussi une meilleure prise en considération» de cette mobilisation, «qui est digne», a dit le maire LFI de Saint-Denis Bally Bagayoko, lors d’un rassemblement organisé dans sa ville.
Cet après-midi, sur la place de la mairie de Saint-Denis, j'étais aux côtés de notre jeunesse. Depuis plus d'une semaine, les lycéennes et lycéens de notre ville se lèvent. Ils ne demandent pas la lune. Ils demandent des professeurs devant chaque classe, des bâtiments dignes et des effectifs qui permettent d'apprendre. Ils demandent le droit à un avenir, et pas d'être les oubliés de la République parce qu'ils ont grandi en Seine-Saint-Denis. À cette colère légitime, on a répondu par les gaz, les interpellations et les gardes à vue. On a répondu par le mépris, en cherchant des coupables plutôt que des solutions. Je le dis clairement : notre jeunesse n'est pas une menace, c'est notre plus grande richesse. Il ne faut pas minorer l’aspect violent du traitement médiatique qui est fait de leur mobilisation. Les journalistes doivent traiter sérieusement ce qu’il se passe s’ils veulent être justes, et c’est ce que demande cette jeunesse. Ils ont raison de se battre pour l'égalité. Et à Saint-Denis–Pierrefitte, ils ne seront jamais seuls. Mardi 6 octobre, restons mobilisés à leurs côtés.
— Bally Bagayoko (@BallyBagayoko) October 4, 2026
Le candidat communiste à la présidentielle Fabien Roussel a lui aussi appelé dimanche enseignants, salariés et militants à soutenir les lycéens pour que «les revendications émergent plutôt que la violence».
Sur les réseaux sociaux ont par ailleurs fleuri des appels à une «semaine noire», avec des blocages quotidiens. «Les lycéens ne vont rien lâcher, les étudiants encore plus (...) ça va vraiment être une semaine noire: blocus, blocus, blocus, blocus», a assuré dimanche, dans le rassemblement à Saint-Denis, une étudiante mobilisée, Leila Nehari.
Comme ces derniers jours, les rassemblements seront en théorie interdits lundi aux abords de nombreux établissements scolaires. À Nancy, les manifestations seront par exemple interdites dans l’ensemble du centre-ville de lundi à 06H00 jusqu’à mercredi 07H00, selon la préfecture.
Dans une feuille de route envoyée dimanche soir à ses ministres, le Premier ministre Sébastien Lecornu exige que les cours reprennent «partout» où c’est possible, fixant un calendrier pour répondre en partie aux revendications.
Le Gouvernement fait aujourd’hui un pas supplémentaire pour répondre aux difficultés des lycéens et des personnels éducatifs. Je confie aux ministres une feuille de route avec cinq chantiers et de premières décisions attendues avant la fin du mois. Le ministre de l’Education nationale animera l’ensemble de ces travaux. Ces chantiers viennent des sujets remontés des conseils académiques de la vie lycéenne, réunis ces derniers jours dans toutes les académies : ils sont le fruit des échanges avec celles et ceux qui acceptent le dialogue et le travail. Cet engagement doit avoir des suites concrètes. Le travail portera sur les problèmes de fond : assurer les cours, améliorer les locaux avec les conseils régionaux qui en ont la responsabilité, mieux organiser les journées, rendre Parcoursup plus transparent et donner des suites à la parole des lycéens. Les progrès accomplis doivent être poursuivis : le projet de budget 2027 prévoit encore 1,2 milliard d’euros supplémentaires pour l’Éducation nationale. Mais nous devons aussi corriger avec humilité ce qui reste insuffisant. Le débat parlementaire budgétaire le permettra. Avant fin octobre, les premières décisions seront présentées avec leur financement et leur calendrier. Le dialogue doit produire des changements visibles dans les lycées. Dans le même temps, nous ne céderons rien à la violence : soutien aux élèves et personnels agressés, aux policiers et gendarmes blessés. Nous accélérons en parallèle l’examen du projet de loi « casseur-payeur » pour faire supporter aux auteurs des dégradations le coût de leurs actes. ➡️ Retrouvez la lettre
— Sébastien Lecornu (@SebLecornu) October 4, 2026
Il confie à ses ministres cinq chantiers, issus des sujets remontés par les conseils académiques de la vie lycéenne, avec «de premières décisions attendues avant la fin du mois».




