Dans le sud du Liban, Israël annonce ses premiers soldats morts depuis plus d’un mois

Cette photographie, prise depuis le village de Chaqra dans le sud du Liban, montre des bulldozers militaires israéliens blindés de type D9 effectuant des opérations de déblaiement dans une zone boisée près de l'entrée du village de Houla, dans le secteur de Wadi al-Slouqi, le 4 août 2026. (Photo d'Ali EZZEDINE / AFP). AFP or licensors

L’armée israélienne, engagée dans des combats dans le sud du Liban contre le groupe militant Hezbollah soutenu par l’Iran, a annoncé jeudi ses premiers soldats morts dans cette zone depuis plus d’un mois, au moment où se tiennent à Rome des pourparlers sous parrainage américain.

Le 06/08/2026 à 07h00

Deux soldats réservistes israéliens ont été tués mercredi au cours de combats dans le sud du Liban, selon l’armée qui les a identifiés comme étant le major Harel Birenstock, 34 ans, commandant de compagnie au sein du 2855ème bataillon de la 55ème brigade, et l’adjudant-chef Tamir Vaknin, 33 ans, major dans le même bataillon.

Les deux soldats sont les premiers morts israéliens dans le sud du Liban depuis le 28 juin, selon le site internet de l’armée israélienne.

Mercredi, l’armée israélienne avait annoncé mener des frappes sur le sud du Liban, en réponse selon elle à une violation du cessez-le-feu par le Hezbollah, faisant un mort et 11 blessés selon les autorités libanaises.

«À la lumière des violations de l’accord de cessez-le-feu par le Hezbollah, l’armée israélienne est contrainte d’intervenir avec force (...) Pour votre sécurité, vous devez évacuer immédiatement vos maisons», avait écrit sur X la porte-parole arabophone de l’armée, Ella Waweya, dans un message spécifique aux habitants d’al-Mansouri.

Cette localité, située à environ neuf kilomètres au sud de Tyr et à dix kilomètres au nord d’Israël, a été la cible, ainsi que ses environs, de plusieurs frappes israéliennes et de tirs d’artillerie au cours des dernières semaines, malgré un cessez-le-feu entré en vigueur en juin.

Le 22 juin, la municipalité avait informé les habitants qu’ils pouvaient rentrer chez eux, tout en leur demandant d’éviter la partie de la ville située dans la «zone de sécurité» instaurée par Israël.

Cette zone dans le sud du Liban désigne une bande de territoire où les forces israéliennes poursuivent leurs opérations. Elle s’étend sur environ 10 kilomètres, le long de la frontière, et est censée protéger les habitants du nord d’Israël.

«Pilotes de zones»

Les pourparlers, entamés mardi à Rome et qui doivent se poursuivre jeudi, portent notamment sur le déploiement de l’armée libanaise dans des «zones pilotes» évacuées par Israël dans le sud du pays, qu’il occupe en partie.

Une première «zone pilote», la localité de Zawtar al-Gharbiya, avait vu en juillet l’armée libanaise reprendre le contrôle et les habitants rentrer.

Une source au sein de l’équipe de négociation israélienne a indiqué à l’AFP qu’Israël avait demandé aux Américains de suspendre les pourparlers environ trois heures avant la fin prévue mercredi. Selon cette source, l’ambassadeur israélien à Washington, Yechiel Leiter, a évoqué des «fuites répétées et fallacieuses» de la délégation libanaise.

Le Hezbollah rejette ces négociations et refuse de se désarmer, condition pour le déploiement de l’armée libanaise dans le sud selon un accord-cadre approuvé en juin.

Mardi, le secrétaire général du Hezbollah, Naïm Qassem, a affirmé que les discussions directes n’apporteraient au Liban «rien d’autre que la honte, l’humiliation et des compromis successifs».

Le mouvement chiite a rejeté à plusieurs reprises les négociations directes et refusé de remettre ses armes.

Il avait entraîné le Liban dans la guerre au Moyen-Orient en mars en tirant des roquettes sur Israël, en soutien à Téhéran, visé par une offensive israélo-américaine.

Israël a répliqué par de lourds bombardements aériens et une invasion terrestre dans le sud, faisant, selon Beyrouth, plus de 4.300 morts et entraînant, au pic des violences, le déplacement de plus d’un million de personnes.

Les hostilités ont diminué depuis la signature en juin d’un protocole d’accord irano-américain sur le conflit au Moyen-Orient, incluant un cessez-le-feu au Liban et la conclusion d’un accord-cadre entre le Liban et Israël parrainé par Washington.

Mais le Liban continue de faire état de frappes et de tirs d’artillerie israéliens sporadiques, ainsi que de dynamitages et démolitions dans des villages du sud.

Depuis le début de cette guerre entre Israël et le Hezbollah, l’armée israélienne a perdu 38 soldats et un employé civil sous contrat.

Par Le360 (avec AFP)
Le 06/08/2026 à 07h00