Les riads de Marrakech que le journal britannique «The Times» recommande

Marrakech.

La médina de Marrakech continue de réinventer l’art de l’hospitalité. Dans une sélection publiée le 29 septembre 2026, le quotidien britannique «The Times» met en lumière 16 riads qui, entre patrimoine, design contemporain et art de vivre, incarnent selon lui la richesse de l’offre marrakchie.

Le 30/09/2026 à 20h30

Marrakech a toujours exercé un pouvoir d’attraction particulier sur ses visiteurs. Winston Churchill séjournait à La Mamounia, Yves Saint Laurent en avait fait l’un de ses refuges et Madonna compte également parmi les habitués de la ville. Mais pour le Times, l’expérience marrakchie se vit surtout derrière les portes discrètes de la médina.

Ces anciennes demeures familiales, organisées autour d’un patio, ont progressivement été transformées en maisons d’hôtes et en hôtels de charme. Leur architecture, tournée vers l’intérieur, préserve jardins, bassins et terrasses de l’agitation de la ville. Une formule qui continue de séduire, tout en se prêtant à des interprétations de plus en plus singulières.

Du patrimoine au design contemporain

Parmi les adresses distinguées, El Fenn, à Bab el Ksour, reste une référence. Après son rachat par le groupe marocain Akan Collection, l’établissement a bénéficié d’une rénovation tout en conservant son importante collection d’art, ses patios et ses chambres aux couleurs profondes. Le Times le retient pour son atmosphère.

À quelques pas, Rosemary, imaginé par la designer belge Laurence Leenaert, fondatrice de LRNCE, propose une vision beaucoup plus contemporaine de l’artisanat marocain. Vitraux sur mesure, plâtre sculpté, zellige peint à la main et mobilier dessiné spécialement pour les lieux composent un décor entièrement pensé par la créatrice.

Autre interprétation du minimalisme, Riad No. 37, à Dar el Bacha, où les propriétaires danois associent tadellakt, mobilier mid-century et tonalités naturelles. Riad les Yeux Bleus, à Bab Doukkala, prend le chemin inverse avec un décor plus généreux, mêlant couleurs saturées, motifs graphiques et artisanat marocain revisité par le designer néerlandais Willem Smit.

Des adresses pour tous les goûts

La sélection du quotidien britannique ne se limite pas aux établissements les plus sophistiqués. Riad El Aaiun, à Bab el Khemis, joue la carte du mobilier vintage et des objets chinés, tandis que Riad Up, dans le quartier de Kennaria, revendique une esthétique méditerranéenne minimaliste.

Riad Tizwa, à Dar el Bacha, privilégie quant à lui l’esprit maison privée, avec sept chambres, une terrasse offrant des vues sur l’Atlas et la possibilité de privatiser l’ensemble du riad. Dans la Kasbah, Riad Louhou mise sur cinq chambres aux tonalités sépia, les matériaux naturels et une atmosphère plus intime.

Pour les amateurs d’histoire et de collections, Riyad el Cadi, à Derb Dabachi, se distingue par son important patrimoine d’art islamique réuni par son fondateur, l’ancien ambassadeur allemand Herwig Bartels. Textiles anciens, poteries amazighes, bois sculpté et céramiques donnent à l’établissement des allures de maison-musée.

Riad Star, à Kaat Benahid, revendique pour sa part un héritage singulier car l’établissement fut autrefois la demeure de Joséphine Baker. Son décor mêle artisanat marocain et références Art déco.

Les classiques conservent leur place

Certaines adresses sélectionnées par le Times ont déjà une longue histoire derrière elles. Le Farnatchi, installé dans la médina sur un site vieux de 400 ans, est présenté comme une valeur sûre du luxe discret. Ses dix suites, son spa et son restaurant Le Trou Au Mur en ont fait une adresse durable.

Riad L’Orangeraie, à Mouassine, cultive également cette hospitalité traditionnelle. Ouvert en 2003, le riad conserve une atmosphère de maison habitée, avec ses patios, ses tapis marocains et sa cuisine familiale.

À Bab Doukkala, Riad Elegancia mise sur les codes classiques du riad marocain, enrichis d’une terrasse offrant une vue à 360 degrés sur les environs et l’Atlas. Riad Yasmine, lui, est devenu particulièrement reconnaissable grâce à son bassin entouré de zellige vert émeraude et à ses espaces très photographiés.

La sélection comprend également Riad Botanica, à Bab Doukkala, qui associe zellige graphique, mobilier éclectique et offre de retraites autour du yoga et du bien-être, ainsi que Riad Alena, à Bab Laksour. Ouvert en 2023, ce petit établissement de quatre chambres cultive une atmosphère artistique et accueille régulièrement des créateurs.

La médina, mais pas seulement

Si les riads restent au cœur de cette sélection, le Times observe aussi l’essor d’une nouvelle génération d’hôtels de petite capacité autour de Marrakech. L’idée: quitter l’intensité de la médina pour retrouver jardins, oliveraies et grands espaces.

Le quotidien britannique cite notamment Farasha Farmhouse, à moins d’une heure de la ville, qui mêle piscine, brunchs avec DJ et yoga, ainsi que Jnane Rumi, adresse orientée vers l’art et le design.

Une évolution qui confirme, selon le Times, que Marrakech élargit son offre sans abandonner ce qui fait depuis longtemps son identité hôtelière… ces riads où, derrière une porte anonyme de la médina, la ville semble soudain ralentir.

Par La Rédaction
Le 30/09/2026 à 20h30