Le transport aérien marocain a franchi un nouveau palier en 2025. Les aéroports du Royaume ont accueilli 36,3 millions de passagers, soit une progression annuelle de 11%, selon les données présentées par le ministre du Transport et de la Logistique, Abdessamad Kayouh, lors du conseil d’administration de l’Office national des aéroports (ONDA). Cette hausse confirme l’accélération des flux de mobilité à destination et au départ du Maroc, portée à la fois par le tourisme, les déplacements de la diaspora et l’intensification des échanges économiques avec plusieurs régions du monde.
La dynamique observée repose principalement sur le trafic international, qui a atteint 32,4 millions de voyageurs. Le trafic domestique a également retrouvé une trajectoire favorable avec 3,9 millions de passagers, une évolution qui traduit une amélioration progressive de la connectivité intérieure.
Cette double progression permet au Maroc de renforcer l’équilibre de son réseau aérien, dans un environnement régional marqué par une forte concurrence entre hubs méditerranéens et africains.
Cette amélioration de l’activité se reflète également dans les indicateurs opérationnels des plateformes aéroportuaires. Les mouvements d’avions ont progressé de 9% pour atteindre près de 265.000 opérations en 2025, tandis que le fret aérien a avoisiné 100.000 tonnes. Ces volumes traduisent un élargissement progressif du rôle logistique des infrastructures marocaines, particulièrement dans les segments liés aux chaînes de valeur industrielles et aux échanges à forte intensité temporelle.
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L’évolution du fret prend une dimension particulière au regard de la transformation industrielle engagée par le Royaume. Les secteurs exportateurs, notamment l’automobile, l’aéronautique ou certains segments agroalimentaires à haute valeur ajoutée, nécessitent des chaînes logistiques plus rapides et plus intégrées.
Cette montée en puissance du trafic aérien améliore parallèlement les performances financières de l’ONDA. Le chiffre d’affaires de l’Office a atteint 5,8 milliards de dirhams en 2025, en progression de 9%, tandis que le résultat net s’est établi à environ 1,3 milliard de dirhams, soit une hausse de 16%. Ces résultats traduisent une amélioration des capacités de financement de l’établissement au moment où les besoins d’investissement demeurent importants pour accompagner l’augmentation des flux.
Abdessamad Kayouh a d’ailleurs souligné que «ces résultats probants démontrent la résilience et la capacité de l’Office à maintenir ses investissements dans les projets stratégiques, en dépit des contraintes liées à la hausse des coûts d’investissement et de financement». Cette orientation traduit la volonté des autorités de poursuivre l’extension et la modernisation des infrastructures afin d’absorber la croissance attendue du trafic au cours des prochaines années.
La dynamique observée en 2025 s’est prolongée au premier trimestre 2026.
Selon la Direction des études et des prévisions financières (DEPF), l’activité du transport aérien a progressé de 11,1% à fin mars. Les voyageurs internationaux ont augmenté de 10,9%, tandis que le trafic national a affiché une hausse de 13,3%, confirmant la consolidation de la demande intérieure.
Les liaisons avec l’Afrique et les Amériques constituent les principaux moteurs de cette progression. Le trafic avec le continent africain a enregistré une hausse de 21%, alors que celui avec les Amériques a progressé de 27,2%. Cette évolution reflète l’élargissement progressif du positionnement international du Maroc, qui cherche à renforcer son ancrage sur les flux atlantiques et africains dans le cadre de sa stratégie logistique et commerciale.
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Certains segments affichent toutefois des évolutions plus modérées. Le trafic des conteneurs et le transport routier international ont enregistré un repli durant les premiers mois de l’année, tandis que le trafic passagers dans les ports a légèrement diminué de 0,8%.
En parallèle, l’activité de croisière a fortement progressé avec plus de 80.000 croisiéristes, soit une hausse de 44,1%, signalant une reprise soutenue de certains segments touristiques.
L’ensemble de ces indicateurs confirme surtout la montée en puissance du Maroc comme plateforme régionale de mobilité et de logistique. Le développement simultané des infrastructures aériennes, portuaires et commerciales participe à une réorganisation plus profonde des corridors d’échanges du Royaume, avec un recentrage progressif vers les flux africains, atlantiques et euro-méditerranéens.




