Lors de la 2ème édition du Carrefour de la TPME, tenue mardi 5 mai à Casablanca sous le thème «Oser l’export», et organisée par la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), le secrétaire d’État auprès du ministre de l’Industrie et du Commerce, chargé du Commerce extérieur, Omar Hejira, a mis en avant les mécanismes publics destinés à accompagner l’internationalisation des très petites entreprises.
Intervenant dans le cadre de cette plateforme dédiée à l’accompagnement des TPME vers les marchés extérieurs — conçue comme un espace d’échange, de montée en compétences et de partage d’expériences — le responsable gouvernemental a détaillé «un programme spécifique, doté de 800 millions de dirhams», visant à faciliter l’accès des TPE et des coopératives à l’export et à renforcer leur compétitivité.
Il a précisé que ce dispositif intègre «un mécanisme d’analyse rapide pouvant atteindre 50.000 dirhams pour évaluer la capacité d’un produit à être exporté», traduisant une approche orientée vers la réduction de l’incertitude en amont et la sécurisation des démarches commerciales à l’international.
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Dans le prolongement de cet outil d’évaluation, il a indiqué que «des subventions pouvant aller jusqu’à 1 million de dirhams sont également prévues pour les primo-exportateurs et les entreprises souhaitant renforcer leur capacité de production», établissant un lien direct entre diagnostic export et montée en puissance industrielle.
En parallèle, le ministre a mis en avant «un programme d’assurance complémentaire, allant de 10 à 100 millions de dirhams», destiné à sécuriser les opérations des entreprises qui s’engagent à l’international. Il a souligné que ce mécanisme vise prioritairement à «encourager les primo-exportateurs, notamment vers 15 pays africains», inscrivant explicitement l’Afrique dans la stratégie de déploiement.
Ce ciblage géographique s’accompagne d’une lecture des opportunités disponibles. Omar Hejira a rappelé qu’«une étude réalisée en 2021 a identifié un potentiel inexploité de 120 milliards de dirhams pour les entreprises marocaines», posant le cadre d’une marge de progression significative.
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Dans la continuité de ce constat, le ministre a affirmé que «tous les marchés sont importants, avec une priorité pour l’Afrique, qui représente à elle seule 12 milliards de dirhams de potentiel inexploité». Il a également insisté sur le dynamisme de la demande régionale, en relevant que «les pays voisins expriment une forte demande pour les produits marocains».
Ce diagnostic débouche sur un enjeu de réallocation des flux commerciaux. Omar Hejira a ainsi souligné «la nécessité de diversifier les débouchés, sachant que 70% des exportations restent concentrées sur l’Europe, principalement la France et l’Espagne», pointant une concentration géographique qui limite l’extension du tissu exportateur.
À travers ces instruments, l’intervention met en évidence une logique d’ensemble articulée autour de trois leviers: sécuriser les opérations, financer la montée en capacité et orienter les flux vers de nouveaux marchés. L’Afrique apparaît ainsi comme un espace prioritaire d’expansion, dans une démarche visant à élargir durablement la base des entreprises exportatrices marocaines.



