Port de Casablanca: une nouvelle doctrine du désengorgement

Le port de Casablanca

Revue de presseAprès avoir fluidifié les accès terrestres, le port de Casablanca muscle sa régulation en imposant des cadences minimales de déchargement et des exigences accrues de préparation des escales. Une stratégie offensive pour accélérer la rotation des navires, alléger la facture des surestaries et tester la solidité de toute la chaîne logistique. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Les Inspirations Eco.

Le 08/10/2026 à 20h53

Le port de Casablanca avance dans sa stratégie de désengorgement en élargissant sa régulation bien au-delà des simples accès terrestres. «Après l’instauration récente de l’ouverture nocturne de la porte numéro 4 pour mieux lisser le trafic des poids lourds, les autorités portuaires s’attaquent désormais au cœur de la productivité maritime en ciblant directement la durée des escales et la rotation des navires à quai», écrit le quotidien Les Inspirations Eco du 9 octobre.

Signées par Mustapha Farès, directeur général de Ports du Maroc SA, et entrées en vigueur début octobre, deux nouvelles décisions encadrent désormais de manière stricte les trafics de céréales et d’aliments pour le bétail, ainsi que celui des porte-conteneurs. Le dispositif impose notamment des cadences minimales de traitement pour éviter l’enlisement des opérations: le seuil est fixé à 3.000 tonnes par jour et par circuit dans les silos spécialisés et passe, sur les quais banalisés, à 5.000 tonnes par jour et par navire pour les céréales et à 4.000 tonnes pour les aliments destinés au bétail.

Pour garantir l’efficacité de ces cadences, la préparation en amont a été considérablement renforcée. La programmation des navires est désormais subordonnée à la présentation de l’ensemble des documents douaniers et des connaissements afin d’éviter l’immobilisation préjudiciable des postes à quai. En cas de non-respect des objectifs de performance, la riposte graduée s’annonce ferme: après une mise en demeure électronique, les navires en retard pourront être renvoyés en rade pour libérer les infrastructures, tandis que les récidivistes risquent de perdre leur priorité d’accostage. «Parallèlement, l’organisation des porte-conteneurs est optimisée par la capitainerie pour maximiser l’exploitation des espaces disponibles et fluidifier l’évacuation des conteneurs vides», souligne Les Inspirations Eco.

Au-delà de la fluidité opérationnelle, l’enjeu est hautement financier. Dans un secteur où les surestaries d’un vraquier ou d’un céréalier peuvent atteindre 20.000 à 25.000 dollars par jour une fois la franchise dépassée, l’accélération de la rotation des navires doit alléger la facture des importateurs et des chargeurs. Le succès de cette transition d’une régulation des accès à une régulation des cadences dépendra toutefois de la capacité de l’ensemble de la chaîne logistique (transporteurs, stockeurs et réceptionnaires) à absorber ce rythme soutenu sans déplacer le goulot d’étranglement vers un autre maillon. L’évolution des délais d’attente en rade et de la durée des escales constituera le véritable baromètre de cette réforme.

Par La Rédaction
Le 08/10/2026 à 20h53