PLF 2027: les exportateurs réclament plus de visibilité fiscale

Le siège de l'Association marocaine des exportateurs (ASMEX), à Casablanca.

Le siège de l'Association marocaine des exportateurs (ASMEX), à Casablanca. . Adil Gadrouz / Le360

Réunis à l’initiative de l’ASMEX dans le cadre des «Matinales de l’export», les exportateurs ont identifié quatre priorités fiscales qu’ils souhaitent voir prises en compte dans le Projet de loi de finances (PLF) 2027. Ils réclament notamment un délai opposable pour le remboursement des crédits de TVA, un allègement des obligations fiscales, un dispositif dédié aux primo-exportateurs ainsi qu’une tarification carbone articulée avec le mécanisme européen d’ajustement carbone aux frontières (MACF).

Le 07/10/2026 à 11h25

La question de la TVA figure en tête des préoccupations. Les entreprises exportatrices vendent leurs produits à l’étranger en exonération de TVA, tout en supportant cette taxe sur leurs achats et intrants. Elles se retrouvent ainsi structurellement créditrices de l’État. L’ASMEX demande l’instauration d’un délai de remboursement opposable à l’administration, au-delà duquel des intérêts moratoires seraient dus. L’objectif est de donner davantage de visibilité aux entreprises sur leur trésorerie et de leur permettre de réinvestir plus rapidement les sommes immobilisées.

Les exportateurs plaident également pour un allègement de la charge administrative liée aux obligations fiscales introduites ces dernières années. Ils citent notamment la retenue à la source, qui a accru le travail des équipes comptables. Pour l’ASMEX, la digitalisation de l’administration fiscale devrait aller de pair avec une simplification des procédures, plutôt qu’avec l’accumulation de nouvelles obligations déclaratives.

Autre revendication, la mise en place d’un circuit adapté aux primo-exportateurs, pour lesquels les contraintes de trésorerie peuvent constituer un frein particulièrement important lors des premières opérations à l’international. L’objectif est de faciliter l’accès des PME aux marchés extérieurs et, plus largement, d’élargir la base exportatrice marocaine.

Enfin, l’ASMEX appelle à anticiper l’impact de la tarification carbone sur la compétitivité des exportateurs. Alors que 71,4% des exportations marocaines étaient destinées à l’Union européenne en 2024, l’organisation estime que toute future tarification carbone au Maroc devra être conçue en cohérence avec le MACF européen. L’enjeu est notamment d’éviter qu’un même produit ne supporte une double charge carbone à son entrée sur le marché européen.

Pour étayer ses revendications dans le cadre du PLF 2027, l’ASMEX prévoit désormais de recueillir auprès des exportateurs des données chiffrées sur les montants de crédits de TVA immobilisés et les délais réellement observés pour leur remboursement. L’objectif est de faire de la fiscalité un levier de compétitivité plutôt qu’un frein au développement des exportations.

Par La Rédaction
Le 07/10/2026 à 11h25