Malgré les dernières pluies, l’agriculture marocaine entre dans une phase critique

Les barrages du Maroc ne sont actuellement remplis qu’à 23,5%, contre 31% à la même époque de l’année dernière, ce qui constitue «une situation très dangereuse»,

Revue de presseAvec une baisse des précipitations de 67%, le Maroc se dirige vers une sixième année consécutive de sécheresse. Le secteur agricole risque, une fois de plus, d’en faire les frais. Cet article est une revue de presse tirée du magazine Jeune Afrique.

Le 26/12/2023 à 22h01

Le Maroc, où l’agriculture est un secteur crucial, se dirige vers sa sixième année consécutive de sécheresse en raison d’une baisse des précipitations ces derniers mois liée aux changements climatiques. «Nous sommes entrés dans une phase critique après cinq années consécutives de sécheresse que notre pays n’a jamais connue auparavant», a déclaré le ministre marocain de l’Équipement et de l’Eau, Nizar Baraka, repris par le magazine panafricain Jeune Afrique.

«Les précipitations ont diminué de 67% ces derniers mois par rapport à une année jugée normale et «les trois derniers mois (d’octobre à décembre) montrent qu’on se dirige vers une nouvelle année de sécheresse», a ajouté le ministre.

Au Maroc, l’agriculture emploie un tiers de la population en âge de travailler et représente 14% des exportations du pays. Le stress hydrique au Maroc a été exacerbé par la hausse des températures, ce qui a accru l’évaporation de l’eau dans les barrages. «Le ministère de l’Agriculture prévoit une hausse des températures moyennes de 1,3 degré Celsius d’ici à 2050», lit-on.

Les réservoirs du pays ne sont actuellement remplis qu’à 23,5%, contre 31% à la même époque de l’année dernière, ce qui constitue «une situation très dangereuse», a estimé Nizar Baraka. «Notre espoir est grand pour les trois prochains mois qui sont (d’habitude) les plus pluvieux dans notre pays», a-t-il ajouté. À défaut, les autorités locales devront prendre des mesures drastiques.

«Face au stress hydrique qui s’accroît, les autorités ont parié sur des projets de désalinisation d’eau de mer, comme celle dont la construction débutera le mois prochain à Casablanca, la plus grande agglomération du pays avec plus de six millions d’habitants», indique Jeune Afrique.

Le Maroc prévoit de construire, d’ici fin 2027, sept stations de dessalement d’une capacité totale de 143 millions de mètres cubes par an. Il existe actuellement 12 stations de dessalement dans le pays, d’une capacité totale de 179,3 millions de mètres cubes par an, rappelle le magazine, citant des données officielles

Par Lamia El Ouali
Le 26/12/2023 à 22h01