José Bono ne limite plus ses ambitions immobilières à Tanger au seul bien qu’il possède depuis 2021. L’ancien ministre de la Défense espagnol a lancé une vaste opération d’acquisition foncière au niveau de la rue Ben Charki, face à sa demeure actuelle, en vue de «construire un complexe hôtelier de haut niveau dans l’un des quartiers les plus convoités de la ville». Une accumulation progressive de propriétés mitoyennes destinée à former «une grande unité architecturale au cœur historique de Tanger», selon le journal espagnol The Objective.
Toutefois, les propriétés acquises rue Ben Charki sont des constructions anciennes à l’état physique dégradé, fait remarquer le média. Mais la valeur réside moins dans la nature individuelle de chaque bien que dans sa position d’ensemble, «puisque l’accumulation de plusieurs propriétés contiguës permet de développer des projets à plus grande échelle, avec vue sur la mer et à trois minutes du port».
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Le programme hôtelier prévoit notamment «la création d’un escalier d’accès direct vers la façade maritime, une connexion particulièrement importante tant pour son emplacement que pour sa valeur touristique dans une ville où le front de mer concentre une grande partie de la demande internationale». Cette liaison directe vers le littoral représente un atout stratégique de première importance. «Une intervention touristique municipale en affectant une partie de la muraille» demeure nécessaire pour réaliser ce corridor vers la mer.
L’ex-ministre espagnol a, pour rappel, acquis son manoir initial en 2021, l’ancienne maison-atelier du peintre catalan Josep Tapiró. Avant son acquisition privée, le bâtiment «a été envisagé comme un espace culturel potentiel soutenu par l’Institut Cervantes et a même été présenté comme tel en février 2020. Après l’irruption de la pandémie et le manque de continuité institutionnelle, ses propriétaires, Bernabé López et Cecilia Fernández Suzor, ont choisi de le vendre», peut-on lire.
Le bâtiment a été repris de fond en comble dès 2021. «Les travaux ont inclus l’incorporation de matériaux haut de gamme, l’installation d’un ascenseur d’origine turque et la reconfiguration complète de l’espace intérieur». La restructuration a aussi porté sur la silhouette même de l’édifice. Et l’expansion a été encore plus significative étant donné que «la superficie totale de l’ensemble serait passée d’environ 700 mètres carrés initiaux à plus de 1.700 mètres carrés, après l’intégration progressive des logements annexes».
Le Mondial en toile de fond
Tout cela se produit également à un moment de forte projection internationale de la ville, note le média: «Tanger s’est imposé comme l’une des destinations les plus importantes du pays, tant pour sa position géostratégique que pour son attrait touristique et d’investisseur croissant.»
La Coupe du monde 2030, que le Maroc, l’Espagne et le Portugal accueilleront conjointement, est en train de transformer la ville. Les projets d’urbanisme, d’hôtellerie et d’infrastructure s’y multiplient. «Dans ce contexte, la possible construction d’un hôtel de luxe au cœur de la médina, avec une connexion directe au front de mer, placerait l’ancien dirigeant socialiste dans une position stratégique au sein d’un marché en pleine expansion, où la réhabilitation de bâtiments historiques est devenue l’un des principaux moteurs d’investissement», estime-t-on.




