Certains chiffres parlent d’eux-mêmes. Celui-ci résume à lui seul le soulagement d’une région entière: 94,6%. C’est le taux de remplissage actuel du barrage Bin el Ouidane, pilier du bassin hydraulique de l’Oum Errabia. Il y a un an, à la même période, il ne dépassait pas 13%, soit à peine 160 millions de mètres cubes. Aujourd’hui, le réservoir approche de sa capacité maximale, avec près de 1,1 milliard de mètres cubes stockés — un niveau inédit depuis onze ans.
Mis en service en 1953, le barrage Bin el Ouidane constitue l’un des principaux ouvrages hydrauliques du bassin de l’Oum Errabia, deuxième en capacité au sein d’un système qui compte onze barrages. Pendant plus d’une décennie, cet ouvrage structurant du Haut Atlas a subi un déficit hydrique prolongé, sous l’effet d’une sécheresse persistante. Cette situation a entraîné une baisse des apports, une pression accrue sur les nappes phréatiques, ainsi que des tensions sur l’irrigation et l’alimentation en eau potable à l’échelle régionale.
Le retournement a été aussi rapide que salutaire. Selon Zakaria Maalem, chef du service de suivi et d’évaluation des ressources en eau à l’Agence du bassin hydraulique de l’Oum Errabia, les précipitations cumulées depuis le début de la campagne hydrologique ont profondément modifié les équilibres. «Du 1er septembre 2025 au 16 avril 2026, les apports hydriques ont atteint 1,016 milliard de mètres cubes, soit une hausse de 84% par rapport à la même période de l’année précédente», précise-t-il.
Ce rebond spectaculaire ne relève pas du hasard: il résulte de plusieurs mois de précipitations soutenues sur le Haut Atlas et les plateaux alimentant le bassin de l’Oum Errabia. Le constat est sans équivoque: en une seule campagne hydrologique, le barrage est passé d’une situation de stress hydrique à un niveau proche de sa pleine capacité, une première depuis 2014.
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Pour les agriculteurs de la plaine de Béni Mellal, les ménages des centres urbains alimentés par ce système et les opérateurs de la centrale hydroélectrique de Bin el Ouidane, ce niveau de remplissage constitue un levier déterminant. La ressource en eau retrouve ainsi son rôle structurant, à la fois économique et vital.




