L’industrie automobile marocaine confirme son pouvoir d’attraction auprès des investisseurs internationaux et, plus particulièrement, des opérateurs chinois, consolidant le rôle du Royaume comme base de relocalisation stratégique entre l’Asie et les marchés occidentaux.
«À Tanger, les annonces d’implantation se succèdent à un rythme soutenu», indique le quotidien Les Inspirations Eco du 16 juin. Dernier projet d’envergure en date, le groupe chinois Zhejiang Asia-Pacific Mechanical & Electronic (APG), spécialiste des systèmes de freinage et des technologies de contrôle électronique du châssis, prévoit d’ouvrir son usine au sein de la cité Mohammed VI Tanger Tech avant la fin de l’année 2026. Cet investissement de 70 millions de dollars représente la première implantation de l’entreprise en dehors de la Chine.
Cette dynamique s’est également illustrée par la décision d’un autre acteur chinois, Century Tire, de réaffecter à Tanger Automotive City son unité de production initialement prévue en Espagne. Freiné par des difficultés réglementaires liées aux autorisations environnementales en Galice, l’opérateur a choisi d’investir plus de 3,6 milliards de dirhams dans le nord du Maroc. Ce choix souligne la compétitivité de la plateforme marocaine, bien que le secteur doive anticiper l’application prochaine de la taxe carbone de l’Union européenne, susceptible d’impacter les exportations issues des pays tiers.
«Ces mouvements s’inscrivent plus largement dans le sillage de l’initiative chinoise des Nouvelles Routes de la soie, permettant au Maroc de capter à la fois des projets industriels européens et des relocalisations d’entreprises asiatiques désireuses de se rapprocher du Vieux Continent», écrit Les Inspirations Eco.
Le segment des batteries électriques illustre également cette tendance avec l’arrivée de Shanshan, géant mondial des anodes en graphite synthétique, qui détient plus de 20% du marché mondial. Ce dernier intervient aux côtés du Canadien Falcon Energy Materials pour structurer une activité dédiée à Tanger. Par ailleurs, le producteur de fils d’acier pour pneumatiques Shandong Daye a confirmé un investissement supérieur à un milliard de dirhams pour la création de sa filiale Daye Morocco, visant une capacité annuelle de 100 000 tonnes. Dans une moindre mesure, le groupe AEW Automotive Systems a acté la construction d’une usine de pièces accessoires pour un montant de 27 millions de dirhams dans la Tanger Free Zone.
Au-delà des investissements chinois, la plateforme Tanger Med Zones maintient une forte attractivité auprès d’autres investisseurs internationaux. De grands équipementiers occidentaux y déploient ou renforcent leurs activités, à l’image de l’allemand ZF, spécialisé dans les solutions de mobilité avancées, de son compatriote Mubea, actif dans la fibre de carbone, du roumain MP Industry, spécialisé dans l’injection plastique, ou encore de l’américain Gentherm, axé sur les systèmes de climatisation. Cet écosystème diversifié fait aujourd’hui de la filière automobile le principal moteur de croissance et de consolidation des zones franches du nord du pays.




