Alors que le secteur de la santé publique au Maroc souffre d’un déficit flagrant en matière de ressources humaines, notamment de médecins, le phénomène de la fuite des cerveaux se poursuit et s’accélère de manière préoccupante.
Aujourd’hui, d’après des statistiques révélées par les médecins du secteur privé, qui ont tiré la sonnette d’alarme à ce sujet, «le Maroc ne dispose que d’environ 32 000 médecins, alors que l’hémorragie continue de faire des ravages», soulignequotidien Assabah du 16 juin.
Dans ce contexte, des médecins du Collège syndical national des médecins spécialistes privés (CSNMSP), du Syndicat national des médecins du secteur libéral (SNMSL), du Syndicat national de la santé publique (SNSP) et de l’Association nationale des cliniques privées du Maroc (ANCP) affirment qu’«environ 700 médecins formés quittent le Maroc chaque année, soit une moyenne de 1,9 par jour».
Ce qui aggrave davantage la situation sanitaire dans le pays et accentue les disparités territoriales. D’après les mêmes sources, «cette fuite des compétences dans le domaine constitue une menace réelle et structurelle pour le chantier de généralisation de la couverture médicale et la réforme du système», note le quotidien.
De même, ce phénomène pose de nouveaux défis en matière de justice sanitaire dans le pays et entrave l’accès des citoyens aux soins dans des délais raisonnables.
Dans ce contexte, poursuit le quotidien, les médecins du secteur privé soulignent «l’importance de prendre des mesures concrètes afin de préserver les compétences nationales et de les motiver à rester dans le pays».
À ce propos, ils mettent l’accent sur l’amélioration des conditions de travail et la modernisation du cadre organisationnel du secteur. Ils appellent également à la révision de la tarification nationale de référence (TNR), qui date de 2006, afin de contribuer à l’amélioration des équilibres financiers du secteur, d’alléger les charges supportées par les bénéficiaires et d’encourager les médecins à adhérer pleinement à cette formule pour assurer la réussite du chantier de la généralisation de la couverture médicale.
Ces axes, indique le quotidien, seront débattus lors de l’assemblée générale des professionnels du secteur, qui se tiendra ce mardi.




