La Banque africaine de développement (BAD) entre en action dans le chantier de l’autoroute Guercif-Nador. Les travaux du tronçon n°1, financé par l’institution, viennent de démarrer, comme l’a annoncé Achraf Tarsim, responsable pays de la BAD au Maroc, cité par le quotidien L’Économiste dans son édition de ce lundi 4 mai. «Nous avons approuvé le contrat relatif à la mission d’assistance à la maîtrise d’ouvrage en janvier dernier. Les procédures de passation des marchés pour les travaux routiers ont également été finalisées, permettant ainsi le lancement effectif des chantiers», a-t-il précisé. Ce premier tronçon, d’une longueur de 36,7 km, reliera l’autoroute Fès-Oujda à l’axe Guercif-Nador. Il comprendra une autoroute à 2x2 voies, intégrant des passerelles, des passages inférieurs et supérieurs, ainsi que plusieurs ouvrages d’art. «Les dispositions techniques et contractuelles sont toutes finalisées, offrant une bonne visibilité sur l’avancement progressif des travaux», souligne la BAD. Les acquisitions foncières, incluant la libération des emprises et l’indemnisation des propriétaires, sont également achevées.
Outre la chaussée, les travaux incluront la construction de six viaducs, 46 dalots, un échangeur à Saka et une bifurcation», lit-on dans L’Économiste. «Les études techniques et les procédures de passation des marchés sont suffisamment avancées pour respecter le calendrier prévu», indique la BAD. Ce tronçon, financé à hauteur de 200 millions d’euros, devra être livré au plus tard le 17 janvier 2028.
La BAD accuse cependant un retard par rapport à la Banque islamique de développement (BID) et au gouvernement, dont les travaux sur les tronçons n°2 et n°3 progressent rapidement. Le tronçon n°3, long de 27 km entre Driouch et le port de Nador West Med, est déjà réalisé à 80%, malgré sa complexité technique. Pour ce qui est du tronçon n°2, s’étendant sur 40,5 km entre Saka et Driouch, les travaux, lancés en janvier, avancent à un rythme soutenu. L’autoroute Guercif-Nador jouera un rôle clé dans le développement du port de Nador West Med, en lui offrant une connectivité directe au réseau autoroutier national. Elle facilitera le trafic de marchandises et reliera les villes de Nador, Guercif et les communes environnantes aux axes Rabat-Oujda. Ce projet, qui s’inscrit dans les ambitions du Nouveau modèle de développement, visant à réduire les inégalités spatiales entre les régions, contribuera également à faire de l’Oriental un pôle économique majeur, en synergie avec les régions de Fès-Meknès et Tanger-Tétouan-Al Hoceïma.
La BAD ne compte pas s’arrêter là, souligne L’Économiste. Elle s’intéresse également au projet ferroviaire de l’ONCF, qui connectera Selouane au port Nador West Med. Ce chantier, estimé à 606 millions de dirhams, comprend la construction d’une ligne ferroviaire, d’une gare de triage, d’un viaduc et des rétablissements de communication. «La BAD souhaite participer à ce financement», a indiqué Achraf Tarsim. À terme, cette infrastructure renforcera l’intégration régionale du Maroc, en le connectant au corridor transafricain Le Caire-Dakar et en soutenant la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).



