Les investissements directs marocains à l’étranger (IDME) se redressent nettement cette année. Après avoir connu une baisse conjoncturelle en 2024 (-11,34%) et 2025 (-41,32%), ces investissements reprennent de plus belle en 2026, affichant un bond de 40,3% au cours des cinq premiers mois de 2026 pour s’élever à 11,71 milliards de dirhams (MMDH).
Ils renouent ainsi avec leur trajectoire vertueuse observée au cours des dernières années. Selon les données mises à jour de l’Office des changes, les IDME ont connu une progression spectaculaire durant la dernière décennie, leur montant total étant passé de 7,9 MMDH en 2016 à près de 22 MMDH en 2025, soit une multiplication par 2,8.
La ventilation par pays de destination sur la période 2016-2025 montre que la France arrive très largement en tête avec un cumul de 65,63 MMDH, soit près de 39% du total des IDME sur ces dix années. Cette prédominance s’est renforcée avec le temps, puisque la France ne représentait que 15,5% des flux marocains sortants en 2016, contre 41,7% en 2025, avec et 9,18 MMDH.
France, Côte d’Ivoire, Émirats…
La Côte d’Ivoire occupe la deuxième place du classement, avec un cumul de 19,19 MMDH sur la décennie, loin derrière la France mais nettement devant le reste des autres pays concernés par les IDME. Les Émirats Arabes Unis complètent le podium avec 10,43 MMDH cumulés, suivis de l’Égypte (7,91 MMDH) et du Sénégal (5,76 MMDH).
Les données de l’Office des changes indiquent également que les cinq premières destinations -France, Côte d’Ivoire, Émirats Arabes Unis, Égypte et Sénégal- captent à elles seules 64,7% du total des IDME entre 2016 et 2025.

Le reste du classement se répartit entre le Luxembourg (5,08 MMDH), l’Île Maurice (4,66 MMDH), l’Italie (4,08 MMDH), le Cameroun (3,91 MMDH) et le Mali (3,39 MMDH), qui ferment le top 10. Les États-Unis, avec 3,03 MMDH cumulés, se classent onzième, devant les Pays-Bas (2,72 MMDH), l’Espagne (2,72 MMDH) et la Belgique (2,33 MMDH).
En agrégeant les données par zone géographique, l’Europe s’impose comme la première destination des investissements directs marocains à l’étranger au cours de la période 2016-2025, avec un cumul de 87,36 MMDH, soit 51,9% du total. Le vieux continent est suivi par l’Afrique (63,25 MMDH, soit 37,6% des flux). le Moyen-Orient (7,2% à 12,11 MMDH), les Amériques (2%) et l’Asie (0,9%).
L’industrie monte en puissance
La répartition sectorielle révèle, quant à elle, une transformation profonde des investissements directs marocains à l’étranger. Il y a moins de dix ans, les secteurs bancaire et des télécommunications occupaient une place prédominante.
Aujourd’hui, c’est l’industrie qui concentre l’essentiel des flux, portée par une forte accélération à partir de 2021. Entre 2016 et 2025, les IDME à destination de l’industrie ont ainsi bondi de 283%, s’élevant à 11,64 MMDH, permettant au secteur d’accaparer 53% des IDME en 2025, contre une part de 38% en 2016.
Les flux d’investissement destinés au secteur bancaire ont progressé, quant à eux, de 129% sur la décennie, se chiffrant à 3,85 MMDH. Même si sa part dans le total des IDME recule, passant de 21% en 2016 à 18% en 2025, le secteur est deuxième du classement sectoriel, loin devant les autres activités.

Les télécommunications enregistrent la plus forte chute sectorielle: -45 % sur la période, avec des flux réduits à 804 millions de dirhams (MDH) en 2025, contre 1,46 MMDH 2016. Leur part totale passe ainsi de 18,5% à seulement 3,7%.
Idem pour l’immobilier qui a connu une baisse drastique (-43%) pour s’établir à 373 MDH en 2025. Sa part dans le total des IDME passe de 8,3% à 1,7% sur la période.
Il ressort également des données de l’Office des changes que plusieurs secteurs, marginaux en 2016, enregistrent les plus fortes progressions en pourcentage sur la période, tout en restant de faible poids dans le total des IDME. C’est le cas des grands travaux, du commerce, de l’agriculture, de l’assurance, de l’énergie et des mines. À l’inverse, le tourisme, les transports, la pêche demeurent des postes marginaux tout au long de la décennie, ne dépassant jamais 1% du total des IDME.
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Au terme de cette décennie, la physionomie des IDME par secteur s’est nettement transformée. En 2016, la répartition était relativement équilibrée entre l’industrie (38%), la banque (21%) et les télécommunications (18,5%), ces trois secteurs concentrant à eux seuls plus des trois quarts des flux.
En 2025, cette concentration s’est déplacée vers l’industrie, qui capte désormais plus de la moitié des investissements marocains à l’étranger, tandis que la banque conserve sa deuxième place et que les télécommunications reculent au rang de secteur secondaire, dépassées par l’assurance, le commerce et l’énergie et les mines.




