Le Maroc s’impose en champion de l’investissement vert et industriel en Afrique

En 2025, le Maroc a enregistré une hausse spectaculaire de 91 % de ses investissements directs étrangers (IDE), selon le dernier rapport de la CNUCED.

Revue de presseAlors que les flux financiers mondiaux peinent à retrouver leur élan, le Maroc enregistre une hausse spectaculaire de 91% de ses investissements directs étrangers (IDE) en 2025, selon le dernier rapport de la CNUCED. Porté par des mégaprojets dans les énergies renouvelables, l’automobile et la filière des batteries électriques, le Royaume consolide son rôle de hub stratégique et s’impose comme le seul pays d’Afrique du Nord à afficher une croissance à deux chiffres, faisant des IDE un amortisseur clé de son économie en 2026. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien L’Économiste.

Le 07/07/2026 à 19h35

Dans un contexte mondial marqué par l’incertitude économique et des tensions géopolitiques persistantes, le Maroc s’impose comme l’un des moteurs de l’attractivité financière en Afrique. «Selon le dernier Rapport sur l’investissement dans le monde, publié le 7 juillet 2026 par ONU Commerce et développement (CNUCED), le Royaume a enregistré une hausse spectaculaire de 91% de ses investissements directs étrangers (IDE) en 2025, atteignant 3,338 milliards de dollars, contre 1,748 milliard l’année précédente», écrit le quotidien L’Économiste dans son édition du mercredi 8 juillet.

Cette performance permet au pays de se hisser au deuxième rang en Afrique du Nord, derrière l’Égypte, et de se positionner parmi les six premières destinations du continent. Alors que la sous-région enregistre un repli global sous l’effet d’une base de comparaison élevée, le Maroc est le seul pays à afficher une croissance à deux chiffres. Le stock global d’IDE entrants franchit ainsi le cap des 80 milliards de dollars, portant leur part à 1,8% du PIB et témoignant d’une intégration renforcée dans les circuits financiers mondiaux.

Cette dynamique s’explique principalement par le positionnement stratégique du Royaume dans la transition énergétique et la recomposition des chaînes de valeur industrielles. Les experts de la CNUCED soulignent que le pays tire profit de projets d’envergure liés au développement industriel, à la logistique et aux énergies renouvelables. «Le secteur automobile, soutenu par la plateforme de Tanger Med, affiche une progression de près de 16% de ses exportations à fin mai 2026. En parallèle, la filière des batteries électriques s’accélère avec des implantations majeures, telles que la gigafactory de Gotion à Kénitra et le projet COBCO à Jorf Lasfar, qui visent une production adossée à une électricité verte», note L’Économiste.

Sur le plan financier, le profil des investissements évolue de manière significative. Si la valeur des projets de création d’activités (greenfield) connaît un léger repli, le financement international de projets a bondi de plus de 400% pour atteindre 42,75 milliards de dollars, porté par des mégaprojets d’infrastructures énergétiques, à l’image du câble sous-marin Sila Atlantik Cable, destiné à l’interconnexion avec l’Europe. Le marché des fusions-acquisitions montre également des signes évidents de reprise, illustrant un regain d’intérêt pour les actifs marocains.

Les données du premier semestre 2026 confirment cette tendance haussière. Au cours des cinq premiers mois de l’année, les recettes d’IDE ont progressé de 20 % pour s’établir à près de 30 milliards de dirhams. Ces flux financiers jouent un rôle essentiel de stabilisateur macroéconomique pour la balance des paiements, alors que le déficit commercial national s’accentue. Dans le même temps, les retraits de capitaux étrangers diminuent, tandis que les investissements marocains à l’étranger progressent de 40%, reflétant à la fois la confiance des opérateurs internationaux et l’internationalisation des entreprises locales.

Face à un environnement mondial de plus en plus sélectif, le Maroc capitalise sur ses atouts structurels, notamment sa proximité géographique avec l’Europe dans le cadre du nearshoring et sa capacité à garantir un approvisionnement en énergie décarbonée. L’intérêt croissant des investisseurs du Golfe pour les secteurs de la logistique et des infrastructures vient conforter cette trajectoire. Pour la CNUCED, l’enjeu dépasse désormais le simple volume des flux pour se concentrer sur leur impact qualitatif et sur la nature des projets développés.

Par La Rédaction
Le 07/07/2026 à 19h35