Horizon 2030: le Maroc lance une refonte globale de son système de transport

Al Boraq, le train à grande vitesse du Maroc. . DR

Revue de presseFace aux défis majeurs de la Coupe du monde 2030 et du développement économique, le ministère du Transport et de la Logistique déploie une stratégie d’envergure. Entre reconquête de la souveraineté maritime, extension massive des réseaux ferroviaires et aériens, et première réglementation des trottinettes et vélos électriques, le Royaume engage une transition globale pour connecter ses territoires et moderniser la mobilité au quotidien. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Al Ahdath Al Maghribia.

Le 15/07/2026 à 18h50

Le secteur des transports au Maroc s’apprête à vivre une transformation radicale à l’horizon 2030. C’est ce qui ressort des récentes annonces faites par le ministre du Transport et de la Logistique, Abdessamad Kayouh, devant la Chambre des représentants. Ce vaste programme de réformes et de chantiers stratégiques vise à la fois à moderniser les infrastructures, à renforcer la sécurité routière, à garantir l’équité territoriale et à asseoir la souveraineté logistique du pays, des enjeux devenus cruciaux à l’approche de grands rendez-vous internationaux, au premier rang desquels figure la Coupe du monde 2030, relaie Al Ahdath Al Maghribia de ce jeudi 16 juillet.

L’un des piliers majeurs de cette stratégie concerne la reconquête de la souveraineté maritime marocaine. En réponse aux orientations royales issues du discours de la Marche Verte de 2023, le gouvernement s’active à rebâtir une flotte de commerce nationale forte et compétitive. Le constat de départ impose une réaction urgente: alors que le Maroc possédait environ 80 navires dans les années 1970, sa flotte s’est réduite à seulement 12 unités aujourd’hui, alors même que le transport maritime absorbe près de 95% des échanges extérieurs du Royaume. Pour inverser cette tendance et réduire la dépendance vis-à-vis des pavillons étrangers, une nouvelle vision axée sur des incitations à l’investissement, des soutiens étatiques et des partenariats public-privé a été mise en place. Déjà, en cette année 2026, 27 navires appartenant à sept compagnies ont été mobilisés pour sécuriser les liaisons maritimes sur 12 lignes reliant le Maroc à l’Espagne, à la France et à l’Italie.

En parallèle, le secteur aérien connaît une dynamique soutenue avec 58 compagnies aériennes autorisées à opérer plus de 2.400 vols hebdomadaires. Les autorités maintiennent un suivi rigoureux des prix des billets, tout en s’inscrivant dans une démarche de libéralisation internationale, afin de garantir les meilleures conditions de voyage, notamment pour la communauté marocaine résidant à l’étranger, écrit Al Ahdath Al Maghribia.

Cette réorganisation globale s’accompagne d’une extension sans précédent des infrastructures aériennes et ferroviaires pour absorber les flux futurs. La vision à moyen terme prévoit de porter la flotte de la Royal Air Maroc de 60 appareils actuellement à 200 avions d’ici 2034. De même, la capacité d’accueil des aéroports nationaux devra atteindre 80 millions de passagers à l’horizon 2030, grâce à l’extension de plusieurs structures existantes et à la construction d’un nouvel aéroport à Casablanca dimensionné pour 40 millions de passagers. Sur les rails, le projet de train à grande vitesse avance à grands pas avec l’extension de la ligne entre Rabat et Marrakech, tandis que les études techniques pour la liaison vers Agadir et la connexion du port de Tanger se poursuivent, l’objectif étant de mailler efficacement le territoire et de connecter les différentes régions du Royaume.

L’autre grand tournant de cette feuille de route réside dans la régulation, pour la première fois, des nouveaux modes de transport urbain. Face au vide juridique qui entourait l’usage des vélos électriques et des engins de déplacement personnel, le Conseil de gouvernement a adopté un décret crucial visant à instaurer un contrôle technique effectif et à fixer des conditions d’utilisation strictes. Désormais, ces engins seront soumis à une vitesse maximale autorisée de 25 kilomètres par heure. Le nouveau cadre réglementaire interdit formellement le port d’écouteurs pendant la conduite, impose des équipements de signalisation et d’éclairage adaptés, et rend l’assurance obligatoire. Ces mesures répressives et organisationnelles visent avant tout à réduire les risques d’accidents et à garantir une cohabitation harmonieuse entre ces nouveaux usagers et les autres usagers de la route.

Dans le même esprit d’amélioration de la sécurité routière, le ministère a lancé une réforme profonde du secteur du contrôle technique. Cela se traduit par la création de 240 nouveaux centres d’inspection à travers le pays pour pallier le déficit géographique, améliorer la qualité des contrôles et renforcer la prévention des accidents de la circulation, lit-on dans Al Ahdath Al Maghribia.

La modernisation du secteur passe par une numérisation accrue et un effort de désenclavement des zones reculées. La simplification des procédures administratives a déjà permis de réduire considérablement les délais d’octroi des autorisations de transport mixte, qui sont passés de plusieurs mois à moins d’une semaine, facilitant ainsi le traitement de quelque 1.400 dossiers en coordination avec les autorités locales. Pour soutenir l’équité territoriale, de nouvelles liaisons aériennes exploitant des appareils de type Boeing ont été lancées vers Errachidia, tandis que le projet d’extension de l’aéroport de Nador est en passe de se concrétiser suite à la finalisation du schéma aéroportuaire national.

En vue d’optimiser l’intermodalité, une étude dédiée aux pôles d’échanges est également en cours pour concevoir des espaces de connexion fluides et intégrés entre les voitures particulières, les bus et le réseau ferroviaire. Cette feuille de route globale témoigne d’un engagement ferme à adapter le secteur des transports aux mutations économiques et urbaines que traverse le Royaume, tout en jetant les bases logistiques des décennies à venir.

Par La Rédaction
Le 15/07/2026 à 18h50