Finances publiques: le Maroc cité en exemple par le FMI, mais rattrapé par le défi de l’efficacité

Le Fonds monétaire international (FMI), à Washington.

Revue de presseSeul pays parmi huit grandes économies africaines à ne pas placer la réforme budgétaire au rang d’urgence absolue, le Maroc profite des avancées majeures de sa Loi de finances. Toutefois, le dernier rapport du FMI nuance ce succès: si la mécanique institutionnelle est rodée, l’efficacité réelle de la dépense publique, la gouvernance et l’adéquation du marché de l’emploi demeurent des défis prioritaires pour transformer l’essai économique. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Les Inspirations Éco.

Le 01/09/2026 à 18h55

Au sein du paysage économique africain, le Maroc trace une trajectoire singulière, tout en composant avec d’importants défis de fond. Dans son rapport sur la croissance forte, durable, équilibrée et inclusive destiné au G20 et publié en août 2026, le Fonds monétaire international examine les blocages structurels des grandes puissances du continent. Parmi un panel comprenant l’Algérie, l’Angola, l’Égypte, l’Éthiopie, le Ghana, le Kenya et le Nigeria, le Royaume s’illustre comme le seul pays où la politique budgétaire ne figure pas au rang des urgences absolues, se voyant attribuer une priorité seulement moyenne, indique le quotidien Les Inspirations Éco.

Cette distinction découle principalement du chemin déjà parcouru par le pays dans la modernisation de ses finances publiques. Comme le souligne Youssef Guerraoui Filali, président du Centre marocain pour la gouvernance et le management, cité par le quotidien, la refonte de la loi organique relative à la Loi de finances a profondément transformé l’architecture budgétaire nationale. En instaurant une culture de gestion axée sur des objectifs de performance, de dialogue institutionnel et de suivi rigoureux, le Maroc a su poser des fondations procédurales solides que ses voisins cherchent encore à bâtir.

Toutefois, cette avance technique masque des fragilités persistantes. Le FMI rappelle en effet que l’alignement des procédures ne garantit pas automatiquement l’efficacité sur le terrain. Si la mécanique d’allocation et d’engagement des crédits fonctionne, le rendement économique et social des deniers publics demeure sujet à caution. Les investissements massifs dans les infrastructures peinent parfois à se traduire par une productivité accrue ou une réduction tangible de la pauvreté, du chômage et des inégalités. L’enjeu prioritaire s’est donc décalé: il ne s’agit plus de savoir si l’argent est dépensé conformément aux règles, mais d’évaluer la valeur réelle qu’il génère pour la collectivité, lit-on dans Les Inspirations Éco.

Les chantiers les plus lourds se concentrent désormais sur la gouvernance et le marché du travail, deux domaines classés en priorité élevée par l’institution internationale. L’assainissement du cadre des affaires, la transparence dans la commande publique et la lutte contre la corruption restent des impératifs majeurs pour limiter les distorsions de concurrence et sécuriser l’investissement productif. Parallèlement, le marché de l’emploi requiert une révision profonde afin de corriger le fossé persistant entre l’offre de formation et les besoins réels des entreprises. De la résolution de ces équations dépendra la capacité du Maroc à transformer ses réussites institutionnelles en un modèle de développement pleinement inclusif.

Par La Rédaction
Le 01/09/2026 à 18h55