Les délais de paiement au Maroc poursuivent leur normalisation progressive à la faveur de l’achèvement du déploiement de la loi n° 69-21, comme en atteste le sixième rapport annuel de l’Observatoire des délais de paiement, portant sur une période stabilisée et repris par le quotidien Les Inspirations Eco du 1er septembre. Le secteur public affiche des performances remarquables, avec un délai moyen de 16,2 jours pour l’État et les collectivités territoriales, illustrant une nette accélération des règlements par rapport aux exercices précédents.
Cette amélioration des délais de paiement de la commande publique s’accompagne d’une hausse significative du volume des achats traités et d’une diminution notable des intérêts moratoires, confirmant que l’administration centrale a su tirer parti des premiers gains structurels de la réforme réglementaire en cours.
La situation des établissements et entreprises publics demeure globalement conforme aux exigences légales, une proportion importante de ces entités respectant le plafond fixé, bien qu’un léger palier apparaisse dans la tendance générale. Si la grande majorité de ces organismes affiche des délais satisfaisants, certaines poches de résistance persistent, notamment dans les secteurs de la santé, de l’éducation et des services sociaux, où l’on observe une concentration de retards critiques.
«Parallèlement, le montant des amendes acquittées par les organismes publics diminue, alors que le nombre d’entités concernées augmente légèrement. La plateforme institutionnelle de réclamations enregistre, quant à elle, une baisse drastique du nombre de litiges signalés par les fournisseurs», souligne Les Inspirations Eco.
Du côté du secteur privé, l’analyse des données de Bank Al-Maghrib met en évidence un repli sensible des délais de paiement clients et fournisseurs, avec une proportion croissante d’entreprises qui règlent leurs factures dans des délais plus courts. Les très petites entreprises amorcent un rattrapage salutaire, leurs délais diminuant de manière significative, même si elles continuent d’afficher les durées moyennes de recouvrement les plus élevées du tissu économique.
Les données issues d’Inforisk et de la confédération patronale confirment cette dynamique d’ensemble, tout en soulignant la persistance d’importants déséquilibres sectoriels, certains domaines d’activité affichant des délais de règlement particulièrement longs.
Le crédit interentreprises continue de jouer un rôle prépondérant dans le financement de l’économie nationale, bien que sa structure révèle de fortes disparités selon la taille des entreprises. La grande majorité de cet encours demeure concentrée sur les grandes entreprises, qui affichent des volumes substantiels de créances réglées au-delà des délais conventionnels. Néanmoins, la proportion des transactions réglées dans les temps s’améliore d’une année sur l’autre, témoignant d’une prise de conscience progressive des opérateurs économiques face aux exigences de transparence et de conformité imposées par le nouveau cadre légal.
Le dispositif de sanctions pécuniaires piloté par la Direction générale des impôts connaît une extension considérable de son périmètre, avec l’intégration réussie des entreprises réalisant un chiffre d’affaires intermédiaire. Cette évolution réglementaire a entraîné une multiplication du nombre total de déclarants, portant le fichier de contrôle à plus de cinquante mille entités assujetties. «Les montants des factures déclarées hors délai et des amendes associées sont ainsi considérables, démontrant les capacités de traçabilité qu’offre désormais le système déclaratif trimestriel généralisé à l’ensemble des acteurs concernés», note le quotidien.
L’analyse détaillée de ces déclarations fiscales met en relief une forte concentration géographique et sectorielle des retards de paiement, les régions de Casablanca-Settat et de Rabat-Salé-Kénitra pesant lourdement dans le volume global des factures en souffrance. Le commerce et l’industrie manufacturière concentrent l’essentiel de ces anomalies, tandis que quelques dizaines d’entreprises publiques affichent des montants de factures impayées disproportionnés par rapport à leur nombre.
Ce panorama dresse le bilan d’une transition réglementaire globalement réussie. Les efforts doivent désormais se concentrer sur l’élimination définitive de ces derniers foyers de résistance.




