Choc alimentaire et tensions énergétiques: le Maroc face au risque d’une inflation importée

Il reste tant à faire pour l'amélioration des capacités de stockage pour les réserves stratégiques du Royaume.

Stockage de blé dans un silo. . DR

Revue de presseAlors que la Banque mondiale anticipe une hausse cumulée de plus de 18% des cours alimentaires mondiaux à l’horizon 2027 et un maintien des pressions sur les marchés énergétiques, le Maroc redoute les répercussions de ces turbulences extérieures sur son économie nationale. Entre la flambée de sa facture d’importation et les incertitudes pesant sur les céréales, le Royaume mise sur le rebond de sa production agricole et ses mécanismes de régulation pour absorber ce choc. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Les Inspirations Éco.

Le 04/11/2026 à 19h05

Les récents arbitrages et projections des institutions financières internationales brossent un tableau complexe pour l’économie mondiale à l’horizon 2027. Selon le dernier rapport Commodity Markets Outlook de la Banque mondiale, repris par le quotidien Les Inspirations Éco, les marchés mondiaux oscillent entre perspective de détente globale et craintes de flambées sectorielles. Si l’indice général des matières premières devrait connaître une correction à la baisse après les pics attendus en 2026, cette accalmie masque de profondes disparités. L’énergie amorcerait un repli relatif, tandis que les produits alimentaires subiraient une hausse cumulée supérieure à 18% sur deux ans, portée par une progression constante des cours mondiaux et un renchérissement des céréales approchant les 25%.

Pour le Maroc, ce contexte international ravive le spectre d’une inflation importée et accentue les pressions sur les équilibres extérieurs. Le premier canal de fragilité demeure la facture énergétique du Royaume, qui s’est déjà alourdie de 37% à fin septembre 2026 pour atteindre 111,59 milliards de dirhams. Cette détérioration s’explique non seulement par le cours du brut, mais surtout par de vives tensions sur les carburants raffinés et le diesel, éprouvés par des ruptures logistiques et des capacités de raffinage mondiales sous pression. Même si Bank Al-Maghrib anticipe un possible repli de la facture énergétique à 116 milliards de dirhams en 2027, la volatilité des marchés pétroliers continue d’alimenter le déficit commercial national, lit-on dans Les Inspirations Éco.

Le marché des céréales constitue le second point de vulnérabilité majeure pour l’approvisionnement national. Sous l’effet cumulé des perturbations logistiques en mer Noire et des aléas climatiques amplifiés par le phénomène El Niño, les cours internationaux du blé et des grains menacent de repartir à la hausse. Certes, la campagne agricole marocaine 2025-2026 a enregistré un rebond salutaire, avec une récolte estimée entre 90 et 93 millions de quintaux, offrant un répit temporaire aux importateurs et aux ménages. Toutefois, la perspective d’un retour aux moyennes historiques autour de 50 millions de quintaux lors des campagnes suivantes rappelle la dépendance structurelle du pays vis-à-vis des marchés extérieurs pour le blé tendre.

En dépit de ces signaux d’alarme sur les marchés de gros internationaux, la répercussion sur les prix à la consommation nationaux reste, pour l’instant, contenue et hautement différenciée. L’inflation globale observée par le Haut-Commissariat au Plan affichait une trajectoire modérée à la rentrée 2026, s’appuyant sur le recul des produits frais locaux pour compenser la hausse continue des coûts de transport. La transmission de la cherté mondiale des matières premières aux étals des commerces n’est ni directe ni intégrale, car elle se heurte à plusieurs amortisseurs: mécanismes de régulation et de soutien publics, fluctuations des taux de change, marges d’ingénierie industrielle et dynamique propre aux filières agricoles régionales, écrit le quotidien.

En tant qu’acteur majeur du marché mondial des engrais et des phosphates, le Maroc occupe une position singulière, à la fois exposé comme acheteur d’intrants et exportateur de solutions fertilisantes. Les prévisions de la Banque mondiale indiquent une baisse progressive des prix du phosphate diammonique et du TSP d’ici 2027, sur fond d’accalmie sur le soufre et l’ammoniac. Pour des groupes industriels nationaux, ce cycle implique de composer avec un double mouvement d’allègement des coûts de production et de tassement des prix de vente internationaux, un arbitrage financier déterminant pour préserver la rentabilité des exportations tout en garantissant l’accessibilité des engrais pour l’agriculture locale.

Par La Rédaction
Le 04/11/2026 à 19h05